Société

Ces Marocains qui brillent à l’étranger

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:4826 Le 02/08/2016 | Partager
Technologie, médecine, ou humanitaire, le champ d’intervention est large
Des Marocains en France, en Allemagne, en Australie et même au Japon

Comme à l’accoutumée, à l'occasion de la fête du Trône, le Roi Mohammed VI a décoré des personnalités marocaines et étrangères. Parmi eux, d'anciens ministres, conseillers du roi, mais aussi des hommes et des femmes d'affaires, des scientifiques… Beaucoup d’entre eux font partie de la diaspora et ont brillé dans des domaines de pointe: médecine, droit, technologie ou encore humanitaire.
Voici quelques portraits de ces Marocains qui portent haut les couleurs du Maroc dans le monde:

■ Rachid Amrousse
 Wissam Al Moukafaâ Al Watania de 3e classe (Officier). Rachid Amrousse est un jeune ingénieur au parcours brillant. Il est actuellement chercheur à l’Agence d'exploration aérospatiale japonaise Jaxa,  où il a notamment travaillé sur l’installation en orbite d’un satellite-télescope.  Originaire de Ouled Frej, près d’El Jadida, le jeune homme a obtenu un premier diplôme en chimie à l'Université Chouaib Doukkali. En 2006, il s’inscrit à l’Université de Poitiers, en France, où il déroche un master, puis un doctorat en chimie appliquée. Et c’est aux Etats-Unis qu’il assiste à une conférence internationale autour des sciences spatiales. C’est là-bas qu’il fera la connaissance des Japonais de la Jaxa qui lui offrent l’opportunité de se joindre à eux pour travailler sur une série de projets, selon un reportage que lui avait consacré la chaîne de télévision Al Jazeera.

■ Fatima Baraka

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Wissam Al Moukafaâ Al Watania de 3e classe (Officier). Fatima Baraka est une femme de grand cœur. Cette Marocaine résidente en Australie et active dans la défense de l’enfance, a permis à Yahya, un enfant de 4 ans, né sans yeux, ni nez, ni mâchoire supérieure, suite à une complication prénatale, de subir une chirurgie reconstructrice, à Melbourne, qui lui a offert un nouveau visage. Après avoir appris le drame par les réseaux sociaux, Fatima Baraka s’est  rendue au Maroc en 2015 pour rencontrer Yahya et sa famille, avant de les faire venir en Australie. L’opération a duré 18 heures, durant lesquelles  des chirurgiens de Melbourne ont travaillé à tour de rôle pour donner à Yahya une chance de vivre normalement. La coûteuse intervention chirurgicale a été financée par des dons mobilisés par Fatima Baraka et par les docteurs qui ont offert leurs services gratuitement.

■ Othmane Laraki:

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Wissam Al Moukafaâ Al Watania de 2e classe (Commandeur).  Othmane Laraki est comme un poisson dans l’eau à la Silicon Valley. Cet ex-haut cadre de Twitter  qui est passé par Microsoft et Google s’est lancé dans une nouvelle expérience: Color Genomics. Une start-up toujours dans le plus illustre pôle industriel de pointe de San Fransisco, avec des grosses pointures dans le tour de table, spécialisée dans le diagnostic génétique des cancers du sein et de l’ovaire. L’innovation réside dans le fait que généralement le diagnostic prématuré des cancers se base sur plusieurs paramètres. Mais là, la startup Color fait le diagnostic sur la base de mutations génétiques qui augmentent le risque de ces cancers. Un diagnostic réalisé directement depuis un extrait de la salive ce qui le rend plus accessible et beaucoup moins cher (2.500 au lieu de 40.000 DH nécessaires pour cette batterie de tests). Othmane  Laraki a pu réunir autour de lui une équipe d’experts dans plusieurs domaines pour mener à bien cette aventure. Il a réussi à lever plus de 15 millions de dollars auprès d’investisseurs dont la veuve de Steve Jobs et Jerry Yang, co-créateur de Yahoo.

■ Abdeljabbar El Manira

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Wissam Al Arch de 4e classe (Chevalier). Deuxième distinction royale pour ce cinquantenaire, natif de Rabat (Ouissame du mérite national de l’ordre de Commandeur en 2010). Abdeljabbar El Manira  est l’un des chercheurs les plus en vue de Suède. Professeur de neurologie, il dirige le laboratoire neurobiologie des mouvements de l’université médicale de Karolinska à Stockholm. Il est également  membre de l’Académie royale des sciences de Suède. Celle-la même qui décerne chaque année le prix Nobel de physique chimie et des sciences économiques.  C’est à l’Université Mohammed V de Rabat qu’Abdeljabbar El Manira obtient  une licence en biologie en 1988, avant de partir pour la France pour y décrocher un DEA puis un doctorat en neuroscience à l’Université d'Aix-Marseille. Abdeljabbar El Manira  coiffe également le poste de directeur du laboratoire "Movement Disorders" à l’Université de médecine de Pékin, il est actuellement  membre de plusieurs agences de recherche aux Etats-Unis et en Europe et du comité éditorial de diverses revues et journaux scientifiques.

■ Mohamed Aziz Bihi
Wissam Al Moukafaâ Al Wathania de 2e classe (Commandeur). Ce médecin maroco-britannique, natif de Tanger en 1967, travaille à l’hôpital royal de Liverpool en Angleterre. Après de brillantes études secondaires dans sa ville natale, il poursuit ses études académiques en Russie, où il a été nommé chef de service d’urologie dans un hôpital à Moscou. Puis il débarque en Angleterre, où il séjourne actuellement, pour parfaire son cursus académique.
Après de nombreuses recherches, Mohamed Aziz Bihi découvre un médicament efficace contre le cancer de la prostate. Pour ses nombreux travaux de recherche, la Grande-Bretagne l’a proposé au prix Nobel de médecine. Il est membre actif de plusieurs organisations comme l’Association européenne des urologues ou Médecins sans frontières. Il est aussi le président des urologues de Liverpool.

■ Haiba Ouaissi
Wissam Al Moukafaâ Al Watania de 3e classe (Officier). Professeur et avocat résidant en France, Haiba Ouaissi est le parfait exemple de l’intégration par la «méritocratie». Une force de travail qui l’a mené de la petite ville industrielle de Lorraine, où son père marocain était venu travailler comme ouvrier, aux quartiers cossus de
l'ouest parisien où il vit désormais. Maître de conférences en droit du travail au sein de l’Université de Rouen, Docteur en droit de l'Université Panthéon-Assas (Paris II), il est également avocat associé du cabinet Cassius Partners, membre du réseau d’avocats Gescia. Une partie de ses activités est dédiée à la promotion de valeurs telles que la diversité, l’égalité des chances et la lutte contre toutes les formes de discrimination en tant que président du Club XXI siècle, qui rassemble des élites et chefs d 'entreprise avec pour mission de valoriser  la diversité française, en faisant la promotion de l’égalité des chances

■ Naoual Soufi

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Wissam Al Moukafaâ Al Watania de 3e classe (Officier). Nawal Soufi est une des personnalités exceptionnelles dans l’assistance des immigrés en Italie. Son numéro de téléphone est  l’un des premiers que les réfugiés syriens perdus en mer composent pour appeler au secours.  Agée de  27 ans, née  au Maroc, mais arrivée à l'âge de trois semaines à Catane, en Italie, Nawal s'est passionnée pour la révolution syrienne dès le printemps 2011, passant des nuits entières sur les réseaux sociaux, en contact avec des militants anti-Bachar al-Assad. Mais son engagement pour les réfugiés, c’est le destin qui le lui a imposé quand un matin de l'été 2013, elle a reçu son premier appel: des centaines de Syriens étaient perdus en Méditerranée sur un bateau qui prenait l'eau. Prise au dépourvu, elle a appelé les garde-côtes italiens, qui lui ont aussitôt expliqué comment aider les migrants à trouver leurs coordonnées GPS sur leur téléphone satellitaire afin d'orienter les secours. Depuis, cette pasionaria, qui a suscité l’admiration dans son pays d’accueil, ne quitte plus son téléphone. Quand elle n’est pas en train d’orienter des réfugiés, Nawal poursuit à Catane des études de sciences politiques, tout en travaillant à temps partiel comme interprète auprès des tribunaux de Sicile.

 

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