Développement durable: La vision d'un Roi

Pas de pétrole mais un modèle d’ingénierie verte

Par Meriem OUDGHIRI | Edition N°:4824 Le 29/07/2016 | Partager
Le grand pari réussi du solaire et de l’éolien
Coup d’accélérateur à la transition
Charte de l’environnement, texte fondateur de la politique environnementale

«Depuis la prise de conscience de l’urgence climatique à Rio en 1992, le Royaume a résolument inscrit sa politique volontariste en matière de développement durable et de protection de l’environnement». Dans son discours prononcé en son nom par le prince Moulay Rachid, devant les 150 chefs d’Etats présents à la cérémonie d’ouverture de la COP21, le Souverain réaffirme les options du Maroc dans ce domaine. 
En 17 ans de règne du Roi Mohammed VI, cette préoccupation s’est renforcée avec un point de départ fondateur: le discours du Trône, de juillet 2009, dans lequel le Souverain avait appelé à l’élaboration d’une Charte nationale de l’environnement. L’objectif était de taille: fédérer toutes les forces vives du pays autour d’un projet commun, structurant, pour «un environnement considéré comme un patrimoine commun de la nation, dont la protection est une responsabilité collective qui incombe aux générations présentes et à venir». 
Cette Charte est avant tout un pacte établi en concertation sur des valeurs partagées. C’est un document d’orientation des actions à engager. Adoptée sous forme de loi-cadre, la Charte a été déclinée en stratégie nationale. 
A partir de là, la rupture est consommée. Le Maroc ne pouvait plus se permettre de regarder ailleurs pendant que le réchauffement climatique faisait et continue à faire des ravages. Surtout qu’en raison de sa position géographique, le pays est soumis à une grande vulnérabilité, qui se traduit par la rareté des ressources en eau, leur lien avec la production agricole, la désertification, les inondations...
Protéger les ressources, moins polluer en utilisant des techniques adéquates, moins gaspiller l’eau et l’énergie, mieux consommer… c’est cela le développement durable. Si ce concept reste encore abstrait et flou pour certains, un consensus a tout de même commencé à se créer autour et qui découle des préoccupations communes sur l’avenir de la population et de son bien-être. 
N’étant pas producteur de pétrole, le Maroc a fait le pari des énergies renouvelables. C’est la raison pour laquelle il s’est lancé dans un ambitieux projet pour porter à 42% à l’horizon 2020 la part des énergies renouvelables dans la puissance électrique installée et 52% en 2030. 
Deux grandes locomotives ont ainsi été mises sur les rails. La première est la centrale solaire de Ouarzazate Noor qui devra être le plus grand projet solaire du monde et pourra fournir de l’énergie à plus d’un million de foyers. Le second grand projet structurant est le parc éolien de Tarfaya, le plus grand d’Afrique. Outre ces projets structurants, le Royaume a aussi développé d’autres modèles et solutions tels que le Plan Maroc Vert, le Plan d’investissement vert, l’interdiction des OGM et la récente loi sur les déchets plastiques. Les villes aussi se sont lancées dans toute cette grande stratégie avec une nouvelle configuration de l’espace urbain à travers l’installation du tramway à Rabat et Casablanca, un mode de transport qui consomme 7 fois moins que la voiture. Les autobus électriques sont aussi dans le pipe. Egalement, une première en Afrique et elle vient de Fès: la ville éclaire désormais ses rues à l’aide de ses déchets. Autant de petits et grands projets pour donner un coup d’accélérateur à toute cette politique verte.

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 Barrage Mohammed V (Ph. Secrétariat d’Etat chargé de l’Eau et de l’Environnement)

Le grand tournant des barrages

Le milieu des années 60 sera marqué par un grand tournant, particulièrement pour l’agriculture avec la politique des barrages, initiée par Feu Hassan II avec pour but l’irrigation d’un million d’hectares. Cette ambitieuse politique d’irrigation avait deux objectifs. Le premier était d’assurer la sécurité alimentaire et le second d’intensifier l’agriculture afin de lever la contrainte de la pluviométrie trop irrégulière. De très gros moyens techniques, financiers et organisationnels ont été mobilisés. 
En 1968-72, les investissements publics destinés à l’agriculture et aux barrages ont dépassé la barre des 40%, pour tomber et se stabiliser à environ 20% à partir des années 80. Il faut le rappeler, le développement de l’irrigation a permis l’émergence de plusieurs activités en amont (industries, services…) et en aval (mise en place d’un important tissu agro-industriel avec les sucreries, les laiteries, les conserveries, les stations de conditionnement…).

 

 

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