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Il n’y a pas si longtemps encore, d’aucuns se demandaient (y compris dans des cercles publics) si le Maroc pouvait être considéré comme un pays à vocation agricole. Au-delà de l’impact réel et psychologique de l’état du secteur agricole sur la croissance et le moral du pays, ce doute est aujourd’hui balayé par le signal politique qu’aura constitué le Plan Maroc vert. De même, lorsqu’on est deuxième exportateur mondial d’agrumes et que près de la moitié de sa population vit directement ou indirectement de l’agriculture, cela a un sens. Comme jadis la «Vision 2010» qui a repositionné le Maroc dans l’industrie mondiale du tourisme (malgré des loupés), le Plan Maroc vert fixe le cap pour l’agriculture. Il définit une vraie politique agricole assortie de l’engagement des pouvoirs à mobiliser les moyens d’accompagnement. En premier lieu, le financement. L’implication effective du secteur bancaire ne sera pas de trop au regard des besoins chiffrés à plusieurs dizaines de milliards de dirhams d’ici 2020. Les investisseurs appellent cela de la visibilité, cet ingrédient sans lequel la confiance est inexistante. Les opérateurs se sentent rassurés et continuent à faire leur métier de preneur des risques. Mais les objectifs de la politique agricole ne pourraient être atteints sans mener en parallèle des réformes pas toujours populaires. L’une des plus urgentes concerne la politique de l’eau. Il va falloir un jour poser, sans tabou ni démagogie, la question de son gaspillage. La belle infrastructure des barrages que nombre de pays envient au Royaume n’a pas été suivie par une gestion intelligente de la ressource en eau. Au point que le Maroc exporte aujourd’hui de l’eau en Europe. Pour un pays en stress hydrique constant, avouez que c’est un comble.
Abashi SHAMAMBA
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