Edition électronique du 2/9/2010
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Révolution
 
Le Maroc est-il entré dans une phase révolutionnaire?
La question mérite d’être posée au regard de tout ce qui se passe autour de nous.
Un grand nombre de mesures se voulant des réformes auront forcément des impacts plus forts que de simples réformes. Elles se comportent en réalité comme des remises en cause. Les procès et les poursuites contre d’anciens barons du régime de Hassan II se multiplient. Par ailleurs, les abus sur les droits de l’homme sont désormais dénoncés publiquement et officiellement.
Il va certainement en résulter que la dénonciation ne peut s’arrêter à ce stade. Tôt ou tard, le processus en arrivera à exiger que tortionnaires et responsables soient jugés. Toute la chaîne de commandement est en cause. Les poursuites engagées contre les barons du régime ne peuvent être neutres, non plus.
Ces filières peuvent aller loin et leur arrêt ne sera jamais légitime; c’est la loi du genre! Un système politique est un tout, avec ses racines et ses branches, son origine et son évolution. Il est difficile de croire qu’une nouvelle légitimité puisse se fonder uniquement sur la remise en cause de l’ancienne.
On peut penser, a priori, qu’un système chasse l’autre et que de nouveaux barons remplacent les anciens. Erreur! Ceci ne fonctionne que dans le système féodal et le Maroc aurait bien du mal à continuer d’imposer cette façon de vivre dans le monde contemporain.
En réalité, une dynamique nouvelle s’enclenche sans doute. Elle a forcément sa propre logique et voudra aller jusqu’à la remise en cause du système. Si une solution de rechange est déjà prête, rien ne nous interdit de penser que de nouveaux critères de légitimité s’installent. Mais si au contraire, la solution n’est pas déjà conçue et prête, alors nul ne peut plus dire à quoi cela va aboutir. Surtout sachant que les forces politiques islamistes, avec leurs propres critères de légitimité, demeurent à l’affût de la conquête du pouvoir.

Abdelmounaïm DILAMI
 
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