· Au menu: diagnostic des problèmes
· Objectif: sortir avec des recommandations
Juste après la présentation du projet de Charte nationale de l’environnement dernièrement à Skhirat, on lance le débat sur ce grand chantier au niveau de l’ensemble des régions du Royaume. C’est la région de Rabat-Salé-Zemmour-Zaer qui ouvre le bal par l’organisation d’une rencontre de concertation sur le sujet durant deux jours (les 18 et 19 janvier 2010). «Cette manifestation est une opportunité pour les différents acteurs de se pencher sur les problèmes de l’environnement qui menacent notre région», souligne d’emblée Hassan Armani, wali de la région de Rabat-Salé-Zemmour-Zaër. Avant d’ajouter : «Et sortir avec une vision sous forme de recommandations pour préserver les richesses et les potentialités naturelles dont disposent la zone». Pour ce faire, quatre ateliers ont été programmés lors de cette rencontre. Ils vont permettre aux participants d’aborder notamment les questions de la santé et l’environnement, le développement durable ainsi que le rôle des acteurs locaux. «Notre région a connu durant ces deux dernières décennies un accroissement démographique et une forte urbanisation», rappelle le wali. Cela aura sans doute des conséquences néfastes sur l’environnement. Parmi les problèmes majeurs posés au niveau de la région on retient celui de la pollution de l’eau. «La qualité des eaux du barrage Sidi Mohammed Ben Abdellah est généralement bonne», affirme un expert. En revanche, les eaux de Oued Bouregreg sont polluées à l’aval du barrage, à cause des rejets liquides ménagers et industriels sans oublier les lixiviats issues de la décharge d’Akrech. Pour les eaux souterraines, on enregistre une surexploitation des nappes phréatiques ainsi qu’une forte pollution notamment au niveau de la commune de Harhoura à Témara. Les responsables expliquent cette situation par l’existence d’un grand nombre de fosses septiques au niveau de cette zone dont une partie non raccordée au réseau d’assainissement. Sans oublier la pollution des nappes par les rejets des produits combustibles utilisés pour l’exploitation des carrières et les engrais azotés dans les zones de sols sableux. Parmi les principales nappes de la région, il y a celle de Maâmoura qui constitue un réservoir d’eau (134 millions de m3 par an) et celle de Témara avec un apport potentiel de 17 millions de m3 par an. Toujours dans le volet de l’eau, il faut soulever le problème de la dégradation du littoral. Les responsables ont déjà lancé une étude pour le traitement et la réutilisation des eaux usées rejetées actuellement dans la mer. Pour rappel, la région de Rabat prévoit la mise en place de 12 stations d’épuration des eaux usées et l’assainissement de 12 centres. Sans oublier de signaler le programme en cours de réalisation par Redal pour la dépollution du littoral et des deux rives de la vallée de Bouregerg. Le coût de ce projet est estimé à plus de 1,8 milliard de DH. Aborder la problématique de l’environnement au niveau de la région de Rabat nécessite également de réfléchir sur la protection du patrimoine forestier qui couvre une superficie de 305.500 ha.
1.650 t de déchets par jour
La gestion des déchets figure également parmi les problèmes épineux posés au niveau de la région de Rabat. Cette dernière produit environ 1.650 tonnes de déchets par jour. On constate des disparités au niveau de la collecte dont le taux varie de 2% dans le monde rural à 100% au niveau de Rabat. La production des déchets médicaux dangereux avoisine les 860 tonnes par an, alors que celle des déchets industriels est estimée à 12.850 tonnes par an. La région de Rabat se distingue par l’ouverture de la grande décharge contrôlée d’Oum Azza avec un centre de tri.
Nour Eddine EL AISSI
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