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La diaspora marocaine s’organise
 
· Lancement d’un réseau international

· Intégration, identité, investissement… les axes de travail



La diaspora marocaine a son réseau. Constitué par des enfants de la seconde et troisième génération d’émigrants qui ont fait le pari du retour au pays d’origine (le Maroc), ce dernier se donne plusieurs objectifs. Des objectifs qui ont été présentés lors d’une rencontre à Casablanca, le 26 novembre, autour du thème «Le retour au Maroc: du mythe à la réalité».
Ainsi, parmi les missions du Réseau international de la diaspora marocaine (RIDM), il y a la volonté de relever les difficultés d’intégration. Car, et c’est une réalité, le premier contact avec le pays d’origine, en dehors des classiques vacances d’été, est pavé d’embûches. Méconnaissant la société marocaine, ces Marocains résidant à l’étranger (MRE) se trouvent confrontés à de nombreuses difficultés auxquelles ils n’ont jamais été préparés. Même si les institutionnels défendent l’idée d’une communication régulière dans les pays d’accueil ou via les émissions transmises par satellites. Accès à l’emploi, logement, barrière de la langue, identification d’une bonne école pour les enfants… les obstacles sont nombreux. Les témoignages d’ex-MRE sont édifiants: «De l’extérieur je suis Marocaine, mais à l’intérieur j’étais une Européenne. Ce que les autochtones ne pouvaient pas comprendre. Pour eux, je devais tout de suite me comporter ou réfléchir comme un Fassi, un Rifain ou un Soussi», souligne Jamila Diani, rentrée au Maroc depuis 11 ans. Le plus dur, la perception des gens qui constitue également un autre frein. Autre obstacle, la langue arabe (voir encadré).
Pour ceux qui arrivent à surmonter ces obstacles, il y a tout de même certaines frustrations qui persistent. Selon Hassan Bouhoud, entrepreneur dans le sud de la France, «il ne faut surtout pas revenir en ayant en tête de s’imposer aux autres ou de calquer forcément ce qu’on a vécu dans le pays d’accueil. On n’oublie souvent le décalage économique, culturel… entre les pays. Le tout est de savoir faire profil bas à certain moment et d’accepter d’apprendre et de comprendre comment les gens fonctionnent dans notre pays». Et c’est en cela que la mise en place du réseau est pertinente. Il s’agira d’apporter de l’expérience et du vécu à ceux qui font le pari de revenir temporairement ou de façon définitive. Ainsi, une maison de la diaspora qui servira de cadre de rencontre et d’accompagnement pour les membres de la diaspora sera mise en place. «Celle-ci devrait être opérationnelle dès 2010», promet Jamal Belahrach, président du RIDM. L’objectif aussi est de dépasser le cliché de cash machine qui colle à la peau des membres de la diaspora et de mettre en avant leurs talents dans divers domaines. Et pour cause, «la diaspora marocaine est une véritable force disponible qui ne demande qu’à être sollicitée, sans être instrumentalisée ou considérée comme une cash machine», souligne Belahrach. Une chose est sûre, le débat est amorcé. Il s’agit aujourd’hui de capitaliser sur toutes ces expériences de retour pour aller de l’avant. La diaspora marocaine a aujourd’hui la volonté de contribuer au développement du Maroc. «Mais à condition qu’en amont et en aval, ce dernier mette en place des politiques appropriées à ses niveaux d’exigence», déclare un Marocain installé en France.


Lobbying


L’enseignement de la langue arabe aux enfants de la communauté marocaine résidant à l’étranger a fait l’objet d’un vif débat. De nombreux témoignages ont porté sur l’échec de la politique gouvernemental. «Toutes les actions menées depuis les années 70 ont échoué. Et pourtant, l’Etat poursuit
sa politique culturelle sans en tirer de leçons», déclare Fatima El Ouafi, journaliste. La manière dont sont dispensés ces cours n’a contribué qu’à «détourner» de l’arabe la majeure partie des enfants de l’immigration. «La solution? faire du lobbying pour intégrer l’enseignement de la langue arabe dans le système éducatif des pays d’accueil, au même titre que l’anglais, l’allemand ou l’espagnol», explique-t-elle. Encore faudrait-il que les institutionnels apprennent à ne plus faire la sourde oreille aux doléances de ces Marocains d’ailleurs.

F. Fa

 
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