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Aïd Al-Adha
6,9 millions de têtes pour une demande de 5,1 |
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· L’essentiel de l’offre provient des ateliers d’engraissement
· Elle est dominée par des agneaux de plus de 12 mois d’âge
A moins de deux semaines de Aïd Al-Adha, l’offre de moutons reste faible avec des prix trop élevés. A Casablanca, les rares entrepôts ouverts du côté des anciens abattoirs et dans certains quartiers comme Derb Ghallef, Oulfa et Sbata, affichent des prix variant entre 45 et 55 DH/kg/vif. Il faut dire aussi que la clientèle se fait aussi rare. En revanche, des maisons de crédit dédié au mouton ne désemplissent guère. Pourtant, ministère de tutelle et fédération des éleveurs s’accordent pour annoncer un disponible couvrant de très loin la demande. «Pas moins de 6,9 millions de têtes d’ovins et caprins seront proposées au sacrifice cette année», annonce le département de l’Agriculture. Ceci pour une demande estimée à 5,1 millions de têtes dont 4,6 millions d’ovins et 420.000 caprins. Chiffres que confirme le président de l’Association nationale des éleveurs d’ovins et caprins, Fenniri Ben M’Barek. De plus, l’année s’est caractérisée par une excellente campagne céréalière : abondance du couvert végétal, orge et foin moins chers qu’en 2008. Comment expliquer alors le niveau des prix pratiqués à une décade de la fête du sacrifice? «Certes, l’offre reste excédentaire mais ce n’est pas le seul paramètre qui détermine les prix», nuance Ben M'Barek. Le président des éleveurs cite des critères comme la qualité, la race, l’âge de l’animal mais aussi le lieu de la vente ainsi que la durée qui nous sépare du jour de l’Aïd. C’est dire que le prix de l’agneau demeure la grande inconnue. Pour le moment, une chose est sûre: l’essentiel du cheptel proposé à la vente est issu de la grande période d’agnelage de 2008. Autrement dit, les plus jeunes moutons ont plus de 12 mois d’âge. Avec un profil qualitatif moyen à bon. S’y trouvent même de grands béliers issus de la production de 2007. «Par contre les moutons de l’agnelage tardif de février/mars 2009 ne représentent que moins de 15% de l’offre», estime Ben M’Barek. Offre dont 90% provient des ateliers d’engraissement. Fini donc l’ère de l’éleveur naisseur qui s’appuyait sur les parcours et l’exploitation agricole. Ce dernier n’est sollicité que pour fournir l’engraisseur après sevrage des agneaux. La préparation du mouton destiné au sacrifice est devenue en effet une spécialité des ateliers d’engraissement qui sont pour une bonne part le fait de citadins. Ils sont situés dans les principales zones d’élevage et surtout dans les environs des grandes villes. Casablanca, Rabat, Kénitra ou encore Benslimane et Settat en concentrent le plus grand nombre. Sans oublier bien entendu l’Oriental et la région de Fès-Saïss. L’activité mobilise d’importants moyens financiers pendant une période plus ou moins longue. Cette année, elle a été de 2 à 3 mois, selon la tutelle et de 5 à 6 mois d’après la profession. Cela occasionne des frais d’alimentation variant entre 200 et 400 DH par mouton selon la durée de la période d’engraissement. «Sans oublier qu’à l’achat, chez le naisseur, l’agneau a coûté plus cher par rapport à 2008: 1.200 DH en moyenne au lieu de 700 l’année passée. «En cause, l’abondance des pluies en période d’agnelage et hausse du taux de mortalité», précise un professionnel. Quoi qu’il en soit, l’offre de cette année a été déterminée sur la base de l’enquête menée en mars et avril derniers. Elle se décline en 4,3 millions d’ovins mâles, 2,6 millions d’agnelles et 420.000 caprins. Une autre enquête, réalisée sur la période 1998-2007, révèle que les abattages de l’Aïd se sont stabilisés à hauteur de 4,9 millions de têtes à fin 2007, après avoir progressé de 0,6% par an entre 1998 et 2005. Autres temps, autres mœurs: le rite du sacrifice n’est plus autant suivi. «S’agissant des prix, stade ferme, ils se situent aux alentours de 35 à 38 DH/kg sur pied pour la race Timahdite et 42 à 45 DH pour la race Sardi», estime Ben M’Barek. Seulement, ces prix ne reflètent pas encore l’effet attendu de la pression de la demande qui se fait de plus en plus forte au fur et à mesure de l’approche de l’événement. N’empêche que le rite de Aïd Al-Adha génère aussi une multitude d’activités économiques aussi bien dans les villes que dans les campagnes. Et les seules transactions sur les animaux dégagent un chiffre d’affaires estimé à 7,2 milliards de DH. Mais combien auront réellement profité à la campagne?
A. G.
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