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La menace espagnole pèse sur les conserves végétales   L’IDH pas assez «fiable»
Contrat-programme ONCF

TGV, RER de Casablanca,… les chantiers structurants
 
· Transport par rail: «L’Office a la capacité de faire face au doublement du trafic existant avec des coûts très compétitifs»

· Les tractations du projet de pipe avec l’OCP


La modernisation du réseau actuel, le TGV, le RER de Casablanca,… autant de chantiers ouverts sur les tablettes de Mohamed Rabie Khlie pour la période de 2010-2015. Le DG de l’ONCF revient également sur l’affaire du projet de pipe de l’OCP. Selon lui, les recettes engendrées avec cet Office serviront à investir dans les infrastructures.

- L’Economiste: Vous vous apprêtez à signer avec l’Etat un contrat-programme 2010-2015. Quelles en sont les grandes lignes?

- Mohamed Rabie Khlie: Dans le prolongement logique du projet d’entreprise à l’horizon 2010, l’ONCF a adopté une nouvelle feuille de route en vue de pouvoir concrétiser ses objectifs arrêtés à moyen terme sur les plans commercial, technique, financier et économique. Cette feuille de route a été conçue sur la base d’un ambitieux projet d’entreprise baptisé «Rihane 50» en référence aux objectifs fixés de 50 millions de voyageurs et 50 millions de tonnes de fret à transporter à l’horizon 2015. «Rihane 50» repose sur la vision de l’ONCF de devenir le transporteur de référence à l’échelle nationale, tout en étant une entreprise performante, réputée citoyenne et œuvrant pour mieux satisfaire ses clients, ses partenaires et son capital humain.
Pour ce faire, un nouveau contrat-programme Etat-ONCF pour la période 2010-2015 est en cours de finalisation et porte sur la réalisation d’un nouveau plan de développement portant sur les 2 composantes. La première concerne la construction de la ligne à Grande vitesse Tanger – Casablanca pour un montant de 20 milliards de DH. La deuxième porte sur la modernisation du réseau actuel pour 12,5 milliards de DH. Et dans une moindre mesure, le RER de Casablanca dont la réalisation nécessitera 10 milliards de DH. Mais le montage de ce projet n’est pas encore bouclé avec la ville.

-Dans votre plan de développement, avez-vous intégré le transport des phosphates, surtout que l’OCP compte construire son pipeline?

-Nous comprenons parfaitement les objectifs stratégiques de notre partenaire l’OCP, cependant, nous considérons que le transport des phosphates par train est aussi performant que celui du pipeline.
L’ONCF transporte actuellement jusqu’à 80.000 tonnes par jour à raison de 4.000 tonnes de charge utile/train en toute sécurité. Notre capacité est bien plus grande. Favorisés par la nature du terrain, les trains descendent en freinage continu, sans besoin de consommation d’énergie. Le prix de revient du mode rail est aussi compétitif que celui du pipe line affiché par l’OCP. En un mot, le train est un pipeline en surface dont les investissements sont déjà réalisés et les risques industriels totalement maîtrisés.
Nous avons fait des propositions permettant à l’OCP de réaliser sa stratégie, tout en préservant le développement futur de l’ONCF et en maximisant la richesse de l’Etat marocain. Notre rôle est de faire connaître à notre partenaire l’OCP les capacités du mode ferroviaire et ses prix de revient pour le transport des phosphates. A cet effet, les ministres de tutelle et les deux DG des deux offices ont convenu de la création d’un groupe de travail dont la mission est de disposer de tous les éléments nécessaires à une prise de décision qui garantisse les intérêts de tous les intervenants en relation avec ce projet. Dans ce cadre, nous avons eu la garantie autant de l’OCP que de l’Etat que quelle que soit la solution qui sera adoptée, les équilibres de l’ONCF seront préservés.

-Quelles sont ces propositions?

-Les propositions faites sont de nature à expliciter la capacité de l’ONCF à accompagner l’OCP pour le transport de volumes accrus, sa capacité à l’accompagner dans sa recherche du meilleur coût de revient affiché afin d’attirer les IDE, et à constituer ainsi une alternative au mode de transport par pipeline. Tous les éléments en termes de capacité et de coûts, certifiés par des cabinets internationaux, ont été mis à la disposition de notre partenaire. Chose qu’il n’avait pas auparavant, et cela pour qu’il puisse bâtir sa stratégie dans le domaine en ayant en main tous les paramètres. Le transport par rail est un mode qui a été très bien optimisé durant les dix dernières années, et l’ONCF a la capacité de faire face au doublement du trafic existant avec des coûts très compétitifs. Il est à préciser à cet effet que nous ne sommes pas dans une logique de polémique mais dans une logique constructive où chaque partie a bien compris les enjeux de l’autre.

- Vous avez parlé de doublement de capacité et des coûts très compétitifs. Peut-on avoir des éléments concrets?

- L’ONCF a aujourd’hui une capacité de transport par rail de 26 millions de tonnes sur l’axe Jorf et de 10 millions tonnes sur celui de Safi sans investissements supplémentaires, soit une capacité totale de 36 millions de tonnes. Afin de pouvoir attirer des IDE, il sera important pour l’OCP de démontrer sa capacité à transporter un volume de phosphates en forte augmentation et des coûts attractifs. Dans cette optique, l’ONCF a analysé ses possibilités d’augmentation de sa capacité de transport. Celle-ci peut être portée à 47 millions de tonnes et 14 millions de tonnes, sur Jorf et Safi respectivement, en ligne avec le scénario le plus optimiste de l’OCP. Avec cet effet volume, les prix de revient du transport ferroviaire deviendront encore plus compétitifs.

- Quel chiffre d’affaires réalisez-vous avec l’OCP?

- Autour de 1,5 milliard de DH. Avec la baisse du tonnage transporté (environ 18 millions de tonnes) nous serons autour d’un chiffre d’affaires de 1 milliard de DH en 2009. Pour l’ONCF, c’est un manque à gagner important.
A un certain moment, l’Office recevait les subventions pour payer le personnel. Dieu merci, nous ne sommes plus dans cette situation. Les recettes engendrées avec l’OCP sont vitales pour le développement du mode ferroviaire et nous avons obtenu les garanties que l’OCP puisse atteindre ses objectifs stratégiques sans hypothéquer ceux de l’ONCF.


L’ONCF dans le fret logistique


Mohamed Khlie veut coller aux nouvelles donnes du marché du fret et se positionner dans le transport des conteneurs entre les ports et les villes. Il s’est lancé dans un important programme de développement. Il le fait via la construction d’un réseau de ports secs à travers les grands sites de distribution et de consommation. «Ces derniers sont des terminaux ferroviaires multimodaux qui offrent de multiples services, tels que la réception et le dispatching des conteneurs, les formalités douanières, le chargement et déchargement des trains et camions, le stockage des conteneurs et le traitement des conteneurs», note le DG de l’Oncf. Selon lui, l’aménagement de Zones d’activités logistiques (ZAL), adossées aux ports secs, offriront des services de location d’immobilier professionnel construit suivant les standards internationaux. Il s’agit notamment d’entrepôts et de bureaux destinés aux professionnels de la logistique pour réaliser des prestations intégrées et créatrices de valeur ajoutée. Concrètement, le programme de plates-formes multimodales couvre les agglomérations de Casablanca (Mita et Casa sud et Zenata), Fès (Ben Souda), Marrakech (Sidi Ghanem et Sidi Bouatmane) et Tanger (Ain Dalia).

Propos recueillis par
Mohamed CHAOUI

 
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