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· Yasmina Bennani Bennis: La qualité d’abord!
· «Les étudiants marocains manquent de méthodologie»
LE résultat sans partage. C’est l’un des sept péchés capitaux de la qualité, selon Yasmina Bennani Bennis. Et elle ne le commet pas. Cette femme de 47 ans est la lauréate du Prix de L’Economiste 2006 pour sa thèse «Qualité et performance en matière de management: cas du Maroc». Yasmina a postulé au Prix justement pour partager. «La qualité est un thème qui me tient particulièrement à cœur, je voulais que mon travail puisse bénéficier à un large public ». Yasmina est persuadée que la qualité est l’un des principaux éléments à intégrer par les entreprises marocaines pour se démarquer, dans un contexte concurrentiel de plus en plus dur, surtout pour le secteur des services. Dans son travail de recherche, elle définit le concept de qualité, en insistant sur les relations humaines dans l’entreprise. Yasmina a aussi mené une enquête auprès de 100 entreprises casablancaises pour illustrer ses propos et elle donne des exemples concrets de politiques orientées qualité. Yasmina aime la qualité, la ponctualité et le respect du travail. Professeur d’économie à l’université de Aïn Chock, elle insiste pour inculquer ces valeurs à ses étudiants. Cette maman de trois enfants se dit inquiète de l’état du système éducatif: «Ses carences nous poursuivent jusque dans nos rues où les formules ordurières font florès». Elle est aux premières loges pour constater les lacunes de l’Education. «Les amphithéâtres des universités sont surchargés, avec des étudiants qui ont de graves problèmes de méthodologie et qui sont incapables de retranscrire leurs connaissances». Heureusement, certains d’entre eux dérogent à la règle, les étudiants issus d’écoles privées. Mais Yasmina n’est pas femme à se laisser abattre. «J’ai envie que l’on s’en sorte». Alors pour cela, elle se bat et s’engage. Elle est membre de nombreuses associations et organismes, parmi lesquels l’Imri (Institut marocain des relations internationales) ou l’ADFM (Association démocratique des femmes du Maroc). La condition des femmes est un autre sujet qui lui tient à cœur. Eperdument amoureuse de son mari, elle souhaite à toutes les Marocaines d’avoir auprès d’elles des hommes qui les soutiennent. «Je prône une égalité totale entre les deux sexes». Elle se dit affligée par les potentialités du Maroc qui sont gâchées, notamment en excluant les femmes de nombreuses sphères. Une des femmes qu’elle admire: Aïcha Ech Chenna. C’est peut-être dans l’air du temps, mais Yasmina tient à rendre hommage «au courage d’une grande dame».
Yasser Bentahar: Un touche-à-tout · Bientôt docteur en technologies et systèmes intelligents
· Passionné de philatélie
LA boulangerie, le tourisme équitable ou encore l’aéronautique sont autant de sujets que Yasser Bentahar semble maîtriser. Agé de 26 ans, il prépare un doctorat en «technologies et systèmes intelligents» à l’ISUFI- Université de Salento, dans le talon de la «botte italienne». En 2006, il remporte le Prix de L’Economiste de la recherche en économie et gestion catégorie Bachelor, pour son travail «Diagnostic et dynamiques de croissance de l’artisan, PME du secteur BVP (boulangerie, viennoiserie et pâtisserie)». A cette époque, il étudie à l’ENCG (Ecole nationale de commerce et de gestion) de Tanger. Il a voulu, à travers son travail de recherche, «proposer des solutions aux PME marocaines pour affronter un environnement concurrentiel accru et une fiscalité jugée trop lourde». Sa recherche s’articule autour de la problématique du développement d’une PME du stade artisanal à l’industriel. Cette étude, qui a duré plus de trois mois et qui s’est basée sur une enquête terrain, a débouché sur un plan marketing pour une entreprise du BVP. A la suite de l’annonce des résultats du Prix, Yasser a tissé un véritable réseau professionnel. «Le Prix de L’Economiste m’a permis de rencontrer des personnes influentes dans le monde des affaires et le monde professionnel. Ces rencontres m’ont facilité l’accès à différents stages durant mon master». En 2008, Yasser Bentahar valide un DESA avec un mémoire «marketing des valeurs, pour un tourisme de participation, équitable et durable. Cas: l’oasis de Figuig». Il y aborde la stratégie marketing des tour-opérateurs et met en valeur le potentiel du tourisme équitable. Yasser postule alors pour le Prix de L’Economiste dans la catégorie Master. Mais il ne l’aura pas cette fois-ci. Ce passionné de philatélie se définit comme «une personne gourmande des autres». Aujourd’hui en Italie, il ne cache pas son désir de vite retrouver la terre nationale. Seule ombre au tableau, son inquiétude au vu «des réserves publiques marocaines en chute libre, et des secteurs essentiels qui se détériorent comme le tourisme et le textile».
A. Ak. & J. E. H.
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