· Des déficits qui exacerbent la marginalisation
· 35% des femmes handicapées sont divorcées
ILS sont handicapés, ont du mal à trouver du travail, présentent un taux d’analphabétisme élevé et ont des difficultés à contracter une première union… Le handicap a une incidence importante sur la situation démographique et socioéconomique des handicapés. Un constat dressé par l’étude du Haut commissariat au plan sur «la population en situation de handicap au Maroc, profil démographique et socioéconomique». Celle-ci se base sur le recensement de 2004. Au total, la population handicapée est évaluée à 680.537 personnes, donnant lieu à un taux de prévalence de 2,3% au niveau national. Les handicapés sont beaucoup plus nombreux dans les villes: 387.206 y ont été recensés avec un taux de prévalence de 2,4% contre 2,2% en milieu rural. Cette population se caractérise par un fort taux d’analphabétisme: 71% des handicapés âgés de 10 ans et plus ne savent ni lire ni écrire. Ce taux est de 42,2% au niveau de la population non handicapée. A l’instar des écarts relevés au niveau national, le taux d’analphabétisme des femmes et plus important, soit 84% contre 60,1% chez les hommes. Les différences en matière d’alphabétisation entre la population handicapée et non handicapée persistent à tous les âges. Les écarts passent de près de 10 points chez les personnes âgées de 50 ans et plus à plus de 40 points entre 10 et 14 ans. L’étude relève aussi l’incidence de l’handicap sur la situation démographique et socioéconomique des handicapés. Côté nuptialité par exemple, le taux de célibat des handicapés à 55 ans atteint 14,3% contre 2,5% pour les autres. Les personnes handicapées éprouvent des difficultés à contracter une première union. Conséquence: le nombre moyen d’enfants par femme est de 0,6 pour celles qui sont handicapées contre 2,5 chez les autres. Globalement, les proportions des handicapés célibataires et mariés sont plus faibles que celles observées chez la population non handicapée. Et c’est l’inverse qui est observé chez les handicapés divorcés dont la proportion est plus importante. Ce phénomène touche surtout les femmes handicapées puisque 35,3% d’entre-elles sont divorcées. Ce qui fait dire aux experts du HCP que le handicap constitue un facteur déterminant en matière de mariage et de rupture d’union. Par type de handicap, l’on relève que celui d’ordre physique prédomine (56,2%). Et ce, quel que soit le milieu de résidence. Dans les villes comme dans les campagnes, les handicaps physiques dépassent la barre des 50%: 60,4% en milieu urbain contre 50,9% dans le rural. Les handicaps d’ordre sensoriel et ceux liés à des déficiences mentales représentent respectivement 24,9 et 18,8%.
Khadija MASMOUDI
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