· Les infrastructures mises à l’épreuve
· Flagrantes défaillances du système d’assainissement
Rabat a connu dans la nuit de lundi à mardi des chutes de pluies exceptionnelles. Hier matin, de 6 h à 9 h, les précipitations ont été d’une telle intensité qu’elles ont provoqué des inondations dans de nombreux quartiers de la capitale. Le fort débit de ces chutes a été un sérieux test pour vérifier la solidité des infrastructures de la capitale, celles réalisées dernièrement avant la fin du mandat du Conseil de la ville. Plusieurs dégâts ont été enregistrés dans différentes zones de la ville, notamment dans le chic et très cher quartier Hay Ryad et au quartier l’Océan. Dans ces zones, les eaux ont envahi des villas et les garages situés en sous-sol de certains immeubles. Cette situation serait due «à un problème de dimensionnement des ouvrages et des canalisations d’assainissement qui deviennent dépassées face à ces chutes de pluies de forts débits», précise une source au niveau de la commune. Les dégâts ont touché également les locaux de certaines entreprises de la capitale. Le personnel de ces dernières a été obligé d’évacuer les lieux car les eaux ont inondé bureaux et magasins causant d’importants dégâts aux équipements et aux marchandises en stock. A noter par ailleurs que ces fortes pluies ont sérieusement perturbé la circulation au niveau d’une grande partie des artères et avenues de la capitale qui ont été recouvertes d’eau. La cause de tout cela? Un manque de curage régulier des regards d’assainissement et des canalisations, il faut le dire. En effet, le très fort débit des eaux ne peut justifier à lui seul ces inondations. La situation est devenue critique à partir de 8h30, moment où les parents se pressent pour déposer leurs enfants à l’école avant de rejoindre leur lieu de travail. Au niveau de certains carrefours et ronds-points, les feux de signalisation tombés aussi en panne compliquent les choses. En l’absence de policiers, la circulation est devenue presque impossible dans ces zones sensibles qui connaissent un flux important de voitures à cette heure-ci. «Comme la majorité des villes du pays, les fortes pluies occasionnelles dévoilent souvent la fragilité des voiries et des infrastructures de nos quartiers», lance un père mécontent qui conduit ses enfants à l’école. Comme argument, ce dernier avance qu’une grande partie des travaux de voirie a été réalisée à la hâte suite à l’intervention de certains élus pour redorer leur blason juste avant le lancement de la campagne électorale des élections communales de juin dernier. Toujours dans le même registre, il faut souligner également la lourdeur administrative pour la passation des marchés et le débloquement des paiements des entreprises. «Ce qui pousse un grand nombre de sociétés à refuser de travailler avec la ville ou, à la limite, ne réaliser que des prestations de moindre qualité», souligne la même source de la commune. A noter enfin qu’aucune victime n’est à déplorer. A signaler également que la gare ferroviaire «Rabat-Agdal a été totalement inondée. Le hall ressemblait hier matin à une grande mare à laquelle ne manquaient que les canards. Quant aux voies, elles ont été entièrement inondées provoquant de nombreux retards dans les deux sens de la circulation. Celle-ci n’a retrouvé son rythme normal qu’hier en milieu d’après-midi.
Qu’en pense Rédal?
«Les travaux d’entretien de curage préventif et de nettoyage des regards et des canalisations d’assainissement ont été lancés par nos services», souligne Jean-Michel Tiberi, directeur de Rédal, société chargée de la gestion déléguée de la distribution d’électricité et d’eau potable ainsi que l’assainissement au niveau de la région de Rabat. Mais il reconnaît que l’arrivée très précoce de ces précipitations, considérées comme exceptionnelles, n’arrange pas les choses. «Près de 90 mm de pluies sont tombés en trois heures. C’est un record, car ce volume correspond à une moyenne de précipitation enregistrée en un mois», explique Tiberi. Le responsable de Rédal n’a pas oublié de signaler le problème des boues qui a aggravé davantage la situation notamment à Hay Ryad. Cela à cause des terres déposées le long du boulevard Abderrahim Bouabid pour l’aménagement d’un important jardin dans cette zone. Avec les pluies, ces boues se déversent dans les regards d’assainissement et entraînent leur colmatage et la refoulement des eaux sur les chaussées.
Nour Eddine EL AISSI
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