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| Grave menace sur le palmier dattier |
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· Risque de propagation d’un insecte ravageur · Tanger-Tetouan, zone déclarée en quarantaine Les services de l’Intérieur et de l’Agriculture sont depuis deux semaines sur le pied de guerre. Les réunions se multiplient en effet, à travers les différentes wilayas et préfectures dans l’objectif d’organiser la lutte contre un nouveau ravageur du palmier dattier: le charançon rouge. Juste après la publication de l’arrêté conjoint des départements de l’Agriculture et de l’Intérieur dans le B.O du 6 août, édictant des mesures d’urgence pour maîtriser cet insecte, Benmoussa s’est empressé de diffuser une circulaire invitant les autorités locales à coordonner les actions avec les services de la Protection des végétaux. Et pour cause! La période chaude qui sévit est propice à la propagation de l’insecte du nom scientifique rhynchophorus ferrurigineus. D’une taille de 2 à 4 cm, le charançon vole surtout de jour entre 25 et 40°C. Mais surtout à cause du retard pris en ce qui concerne la mise en œuvre du texte et des mesures qu’il édicte. Le charançon a été détecté en effet, pour la première fois au Maroc, en avril 2008. C’était dans le jardin d’un grand palace de Tanger sur quelques palmiers vieux de plus d’un siècle (cf. www.leconomiste.com). A l’époque, les services de la Protection des végétaux relevant du département de l’Agriculture se sont mobilisés pour pister l’insecte et proposer les mesures législatives à mettre en œuvre. Le texte a été transmis au secrétariat du gouvernement le 30 janvier 2009 pour ne voir le jour que vers la première semaine du mois en cours. Depuis lors, rien n’a filtré quant à la dissémination du ravageur à travers le territoire. Si bien que la principale mesure arrêtée par le texte déclare la wilaya de la région de Tanger-Tétouan «zone en quarantaine pour le charançon rouge». Cela veut dire, comme précisé par l’arrêté, l’interdiction de circulation à l’intérieur et hors zone de tout matériel végétal censé constituer une plante hôte de l’insecte. Mieux encore, «tout matériel végétal de palmacées (dattier ou d’ornement) circulant à l’extérieur de la zone sera saisi et incinéré aux frais du détenteur», dispose le texte. De fait, le texte énumère toutes les mesures générales et spécifiques de lutte tout en «exigeant des collectivités locales, des propriétaires d’hôtels, de villas et de fermes de déclarer tout état anormal des palmiers aux services compétents». Qu’en est-il alors de la situation? Autrement dit, cette veille a-t-elle été réellement observée avant la publication du texte? A ces interrogations, les services de la Protection des végétaux n’en veulent souffler mot. Quoi qu’il en soit, la littérature agronomique décrit le charançon rouge comme un redoutable ravageur du palmier dattier et d’ornement. Sa larve qui mesure jusqu’à 5 cm de long détruit le système vasculaire de l’arbre en creusant des galeries dans le stipe. Le stade larvaire dure de 1 mois et demi jusqu’à 4 mois, voire 9 si la larve cesse de se développer en hiver. Mais le mode de vie des larves et des adultes rend cet insecte difficile à observer. Les palmiers attaqués présentent très peu de symptômes apparents. Mais lorsque tout l’intérieur est rongé, ils meurent subitement et peuvent casser sous l’effet du vent. Ce qui est très dangereux pour la population dans les villes et les particuliers dans leurs jardins. Phénomène qui a été souvent constaté dans certaines villes du sud de l’Espagne. L’origine du charançon se situe, selon diverses sources, entre le sud-est asiatique et l’Inde. Zone, communément appelée l’aire du cocotier où il s’est révélé particulièrement destructeur. A partir des années 1980, il progresse vers l’Ouest et envahit l’aire du palmier dattier via le Pakistan. En une décennie, il gagna l’Iran puis l’Egypte et Oman après avoir transité par l’Arabie saoudite. En 1994, il est signalé en Espagne et cinq années plus tard en Jordanie et Israël. Suivront alors quelques pays européens. L’Italie, Chypre, la Grèce et la France ont été infestées à leur tour durant la période 2000-2007. Toute blessure sur arbre qu’elle soit naturelle ou induite par la taille est une voie d’entrée potentielle pour l’insecte. Il est à noter que le charançon effectue 2 générations et demie par an et à chacune des individus quittent le palmier pour fonder d’autres colonies. D’où l’absence de maîtrise de l’insecte malgré l’abattage et l’incinération des arbres infestés.
A.G.
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