· Les régions de Tanger-Tétouan, Taza-Al Hoceïma Taounate et l’Oriental, les plus affectées
· 10.000 personnes et 300 engins mobilisés
CE sont 1.220 hectares de forêts qui ont été touchés par le feu depuis le début de l’année à aujourd’hui. Les derniers chiffres révélés par le Haut-commissariat aux eaux et forêts et à la lutte contre la désertification (HCEFLD) sont alarmants. Le dernier incendie déclaré par le HCEFLD a ravagé, dimanche dernier, près de 15 hectares de la forêt de «Aïn Hnach» dans la province d’Ifrane. Depuis quelques jours, les incendies de forêts se multiplient. En cause, la forte chaleur que connaît actuellement le Royaume. En effet, «la forêt marocaine est caractérisée par une végétation aux espèces facilement inflammables, du fait des conditions climatiques estivales rigoureuses, notamment la canicule ou encore la diminution de l’hygrométrie de l’air», explique Abdeladim Lhafi, haut-commissaire aux eaux et forêts. Ces massifs forestiers sont vulnérables aux feux, mais attisés souvent par des vents secs d’Est du type chergui. Cependant, «le facteur humain reste le principal responsable direct des feux de forêts», souligne Lhafi. Et d’ajouter: «la majorité de ces incendies résultent de l’action de l’homme par imprudence». Le Rif est la région connue pour être la zone à haut risque pour les feux de forêts. Néanmoins, «c’est l’Oriental qui a été le plus touché depuis le début de l’année 2009», indique-t-on auprès du Haut-commissariat. De 1995 à 2000, la surface moyenne touchée par le feu était de l’ordre de 11 ha/incendie. Elle est passée à 8 ha/incendie entre 2000 et 2006 pour baisser à 4,5 ha durant les trois dernières années. «Ce chiffre est inférieur à la moyenne enregistrée au niveau des pays du pourtour méditerranéen, qui est de l’ordre de 15 ha/incendie», rassure Lhafi. Toutefois, une approche préventive pour la prédiction du risque et la gestion des feux de forêts a été adoptée par le Haut-commissariat. «Nous avons élaboré un système informatique de modélisation et d’évaluation des risques d’incendies de forêts grâce à des cartes de risque dynamiques et statiques», indique Lhafi. «Nos équipes se sont basées sur le suivi spatial des points d’éclosion de feux et des superficies forestières en temps réel», poursuit-il. L’objectif est d’établir une cartographie du risque potentiel d’incendie à moyen et à long terme. A noter que le suivi est aussi quotidien. Deux évaluations sont élaborées chaque jour et diffusées par le Haut commissariat à tous les partenaires du dispositif de lutte contre les feux de forêts. «Des travaux de sylviculture et d’aménagement tels que les pistes, les tranchées pare-feu, les miradors d’observation, les pistes forestières, les points d’eau… sont également entrepris pour limiter les propagations en cas d’incendies», est-il indiqué. De plus, la surveillance est renforcée par des guets fixes qui reposent sur un réseau de 217 postes vigies et des guets mobiles terrestres composés de 74 unités de patrouilles. Ces dernières couvrent un itinéraire prédéfini de massifs en fonction des risques avec l’expansion du réseau de communication et de transmission (radio UHF et VHF). A cela s’ajoute la reconfiguration à moyen et à long terme des massifs forestiers par des opérations de reboisement en essences et espèces forestières adaptées aux conditions climatiques des zones concernées. Une réunion, présidée par le ministre de l’Intérieur, a été tenue récemment pour l’évaluation du dispositif mis en place et des conditions d’adaptabilité aux données du terrain. Ainsi, les moyens humains et matériels mobilisés au niveau national ont été évalués compte tenu de la vague de chaleur enregistrée dans le pays, notamment dans les régions de Tanger-Tétouan, Taza- Al Hoceïma-Taounate et l’Oriental, qui ont été les plus affectées. Un total de 10.000 personnes et 300 engins a été ainsi mobilisé pour lutter contre les incendies de forêts, et ce avec la participation des Forces Armées Royales (FAR), la Protection civile, le HCEFLD, la Gendarmerie royale, les Forces auxiliaires et la promotion nationale.
Trois niveaux d’intervention
LA lutte contre les incendies repose sur un système gradué à trois niveaux d’intervention. Le premier repose sur une gestion rapide, et une prise en charge du départ de feux par les équipes du Haut-commissariat aux eaux et forêts et les éléments de la Protection civile, moyennant des véhicules de premières interventions. Le deuxième niveau est renforcé, en cas de besoin, par le recours aux avions de la Gendarmerie royale, d’une capacité de 1,5 à 3 tonnes, pour étouffer les feux. A ce stade, les agents des Forces auxiliaires interviennent également pour circonscrire le feu au sol, protéger les populations locales, les biens et les équipements sensibles. Si le feu n’est pas maîtrisé et continue à progresser, les Forces Armées Royales, appuyées par les avions gros porteurs des Forces Royales Air, interviennent au 3e niveau, en appliquant des produits à long terme pour empêcher l’avancement des flammes et apporter un gain de temps aux équipes du sol pour circonscrire et maîtriser le feu.
Bouchra SABIB
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