| Les dépêches
mises à jour régulièrement |
| |
| Consultez les archives stockées
depuis 1991 |
| |
| Participez aux forums de
L'Economiste |
| |
|
Fonds souverains
Retour vers les pays d’origine |
| |
· L’attractivité des pays émergents va s’accentuer
· Plus de 3.000 milliards de dollars qui vont quadrupler d’ici 2015
LA fortune cumulée des fonds souverains, qui s’élève aujourd’hui à 3.194 milliards de dollars (soit 4% de la capitalisation boursière mondiale), va quadrupler d’ici 2015, selon les estimations. A ce jour, on en dénombre une quarantaine dans le monde, prospérant grâce à l’or noir, les matières premières ou par leur croissance économique. «Les créations de fonds se sont accélérées avec l’envolée des matières premières et l’ascension des pays émergents», affirme Javier Santiso, directeur du centre de développement de l’Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE). On se souviendra de leur rôle de sauvetage pendant la crise de 2007. En effet le fonds Abu Dhabi Investment Authority (ADIA) a détenu 4,5% du capital de Citigroup et le fonds chinois China Investment Corporation (CIC) a investi 10 milliards de dollars dans la banque d’affaires Morgan Stanley, (9,9% du capital). Pour le FMI, les investissements stratégiques effectués par ces fonds cachent un but politique, celui d’augmenter notamment les réserves énergétiques hors frontières. Apparemment, de la géostratégie ferait partie de leur feuille de route. «Ils ne nous aiment pas, mais ils veulent notre argent», a ainsi ironisé la ministre des Finances de la Norvège, dont le fonds s’élève à 330 milliards de dollars (deuxième après ADIA). Cependant, ces fonds ont tendance à investir davantage dans leur pays et ceux émergents. En effet, la crise a redéfini la notion du risque, et a poussé ces fonds à délaisser certains pays OCDE pour diriger l’investissement vers d’autres destinations africaines et américano-latines. «La crise boursière a créé un choc: pourquoi investir aux États-Unis où l’on peut perdre la moitié sur les marchés alors que le Brésil, par exemple, offre un potentiel de développement sur le long terme très important, et permet en plus de réduire la dépendance au dollar?», s’interroge Pierre-Ignace Bernard, directeur associé chez McKinsey & Company. Les investissements les plus importants sont réalisés dans les pays émergents, en Asie, Afrique ou Amérique latine. En effet, le fonds singapourien Temasek, a investi dans plusieurs banques indiennes ainsi que dans les télécoms, où il détient 10 % des Tata Teleservices. Cette attractivité des pays émergents devrait encore s’accentuer à moyen et long terme grâce à un regain d’intérêt pour les pays d’origine. À Dubaï ou en Chine, par exemple, les fonds sont venus au secours de plusieurs de leurs entreprises. Si la croissance se poursuit à la même cadence, les actifs pourraient dépasser 17.000 milliards d’ici dix ans, selon Morgan Stanley. «Si l’on regarde sous l’angle des pays émergents, les fonds souverains jouent déjà un rôle clé», ajoute Javier Santiso. Aujourd’hui, leurs avoirs pèsent quasiment autant que l’ensemble des marchés d’Amérique latine.
M. A. H.
|
| |
 |
 |
© 2001 L'économiste - Réalisation : Lnet Multimedia
|

|