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L’OCE  lance 7 projets d’agrégation
   La rentrée des enseignants dès aujourd’hui
Il était une fois André Azoulay…
 
· Développement durable avant la lettre

· Le destin de la région a été changé


En invitant ses clients potentiels ou ses prescripteurs à venir tester son golf tout neuf, à l’occasion du festival des Gnaoua, la station Mogador souligne aussi son concept écologique, dans le sens large du terme.
Tout cela vient de loin, bien loin.
1993. Une petite ville abandonnée de Dieu et des hommes, si pauvre que c’est la province où le taux d’électrification est le plus faible du pays. Même les services publics ne voyaient pas l’utilité de faire des efforts dans cet endroit qui d’évidence était condamné: pas de ressources naturelles, trop loin de tout pour que la pêche passe le cap de la consommation locale, des amandes d’argan dont seules les vieilles femmes avaient l’utilité. Et pas assez d’eau dans l’oued capricieux.
Aujourd’hui, dans les livrets contant l’histoire de la ville, la date de naissance d’André Azoulay est marquée comme un événement historique. Ils font bien, car sans l’énergie du conseiller, on ne sait pas très bien ce que serait devenu l’endroit, sauf à servir de base électorale pour la famille Chaâbi.
Avec très peu de moyens, mais beaucoup d’énergie et de dévouement, Azoulay décide que la ville et ses habitants vont remonter la pente.
D’abord intéresser les ex-Souiris à Essaouira. Comme ils sont aussi courtisans que les autres, ce n’est pas si compliqué de les attirer vers leur ville berceau. Deux objectifs: leur trouver des travaux concrets et créer un consensus de développement, qui ne ressemble pas aux concepts à la mode à l’époque. Aujourd’hui, on appellerait cela «développement durable» mais, à l’époque le nom n’avait pas encore été trouvé. Les Souiris n’avaient pas encore assez confiance en eux pour se permettre de l’inventer.
Dans le panier des ressources, des murailles, une école des beaux-arts et son directeur, la mémoire de tournage de quelques films et de séjours hippies, quelques danses ésotériques parvenues des anciens esclaves, un vent à écorner les bœufs (pas grave, les gens sont bien trop pauvres pour avoir des troupeaux autres que des chèvres) et des chats nonchalants. Pas grand-chose donc, mais largement assez pour se construire un avenir. Ce qui fut fait, sans s’appuyer sur les aides publiques centrales: on voyait déjà que Settat aurait beaucoup de mal à se relever, le jour où le puissant Driss Basri disparaîtrait.
Donc la pérennité du développement devait s’appuyer sur l’existant, aussi petit soit-il. Les autres ressources, si elles venaient, seraient du bonus. Une des premières idées fut de planter des araucarias, en les faisant payer par les amis et les amis des amis. Puis, il y eut des stages de dessins, puis des vaccinations, puis, puis… Jusqu’au festival des Gnaoua, monté par Neilla Tazi et son réseau de copains et copines, avec des bouts de ficelles, pour les premières années. Dix ans plus tard, sa taille en fait un des premiers festivals au monde! Entre-temps, les vents sont devenus d’élégants alizés qui portent la musique, les films donnent des circuits de visites, l’art s’est offert une école bien à lui… Mais les chats sont toujours aussi indolents.


Avanies et avatars


C’est à l’occasion d’assises du tourisme, en février 2004, que le premier contrat est signé entre l’Etat et les aménageurs de la zone de Mogador, près d’Essaouira.
Il s’agit d’un consortium piloté par le tandem belgo-luxembourgeois, Thomas & Piron/TPF L’Atelier auxquels se sont joints Risma, fonds d’investissement où sont associés opérateurs marocains et le groupe Accor (pas encore coté en Bourse) et la société Colbert Orco. Au départ, on pensait que sept ans et demi de travail suffiraient, pour un investissement sur site d’un milliard et demi de dirhams, plus deux milliards de divers investissements privés et 150 millions d’infrastructures que l’Etat prendraient en charge.
Deux ans plus tard, l’Etat accepte un avenant: le projet grandit mais il reste un projet sur le papier. Le consortium est remanié une première fois.
Il y aura plusieurs changements jusqu’à la version actuelle, où T-Capital, un fonds géré par la banque d’affaires CFG, est l’opérateur. Le président fondateur de CFG, Amyn Alami (lequel est aussi un des concepteurs de la Vision 2010 pour le tourisme), est de fait l’opérationnel sur le terrain. T-Capital est appuyé par Risma qui a 40% du tour de table, autant que T-Capital. Alliance Développement et H-Partners ont pris le contrôle de ce qui restait des actionnaires historiques.
L’Etat avait sous-estimé les besoins, mais il faut reconnaître qu’il n’a pas fait défaut: il est au rendez-vous avec les infrastructures nécessaires, dans les spécifications prévues. Sans doute faut-il y voir les progrès réalisés dans la gestion de la chose publique et des rapports avec le privé.

N. S.

 
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