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Tourisme: Les opérateurs gardent le moral
 
· Privés et institutionnels main dans la main

· Moroccan Travel Market s’achève sur une note d’espoir


C’est dans une conjoncture «peu favorable» que s’est tenue la deuxième édition du MTM (Moroccan Travel Market) qui a baissé les rideaux, le 18 janvier dernier. Mais, le ministre du Tourisme, Mohamed Boussaïd, rassure: «Il y a peu de visibilité certes, mais on ne reste pas les bras croisés. Nous anticipons toute difficulté avec un plan d’urgence». Aussi, demande-t-il aux opérateurs de ne pas céder à la panique et ne pas brader la destination. Le ministre affirme qu’aucun chantier n’est à l’arrêt. Il admet toutefois que les projets en gestation seront réexaminés. «Il ne faut pas oublier que ce sont des engagements sur plus de 40 ans. Donc, il faut temporiser».
Côté promotion, l’Office national marocain du tourisme (ONMT) table sur le changement du comportement des touristes en provenance des principaux marchés émetteurs; «crise oblige, ils vont switcher vers les moyen-courriers et le Maroc de par sa proximité pourrait en profiter», estime Abdelhamid Addou, DG de l’Office.
Visiblement, professionnels et institutionnels assument la crise. Resserrant les rangs, ils ont tous participé au salon de tourisme de Marrakech. Là, les exposants ont rivalisé d’imagination pour présenter leurs produits de la façon la plus originale. A leur tête, l’organisateur Fair & Events, de par l’agencement de l’espace, la qualité de ses exposants, et celles des conférences programmées en marge du salon. Ce qui fait dire à Khalid Tijani, directeur du Conseil régional de tourisme de Marrakech que c’est un salon «très réussi». «Il n’a rien à envier aux salons internationaux qui ont des années d’expérience derrière eux». La deuxième édition du MTM n’a donc pas failli à ses promesses. Les organisateurs ont ratissé large et déniché des participants et exposants peu connus.
Cette année par exemple, des opérateurs touristiques, appuyés par le CRI (Centre régional d’investissement), se sont mobilisés pour la représentativité d’El Jadida qui se positionne comme une destination balnéaire et culturelle. Dotée d’un littoral de 150 km, elle a à son actif aussi, un arrière-pays riche et diversifié. Présent également, le Domaine de la roseraie, un hôtel de 40 chambres sur la route de Taroudant. Ce dernier qui fête cette année ses 40 ans a fait les choses en grand. Tout le stand était décoré de roses multicolores. Et ses propriétaires, la famille Fanjirou, a déplacé presque tout son staff.
Par ailleurs, l’animation du salon a été intense. Durant trois jours, les troupes folkloriques se sont succédé. Même la revue du cabaret le Folie’s Marrakech était au rendez-vous.
Conçu sur une superficie de 12.000 m2 dédiée aux professionnels du voyage, acheteurs et programmeurs, vendeurs et conseillers en voyages, le MTM a voulu rapprocher les offres des acheteurs du Moyen-Orient et de l’Europe de l’Est, et bien sûr ceux du marché classique (France, Espagne, Italie…) des produits de destinations marocaines et africaines. « La maturité du secteur exigeait une manifestation de ce genre, capable de fédérer l’ensemble dans un cadre convivial et propice aux affaires, indique en substance Kamal Rahal, initiateur du salon. «Et les affaires, on en fait au MTM», indique Faical Jorio, directeur de l’ONMT pour la Suisse. La délégation d’agences de voyages suisse qui l’a accompagné n’a pas fait que du tourisme à Marrakech. Certaines agences ont profité de l’occasion pour conclure des contrats avec des hôteliers présents au salon.
Après le succès de la deuxième édition du MTM, l’on peut dire que le Maroc a son salon du tourisme. De plus, l’évènement se positionne aussi comme une grand-messe de tourisme international où les produits maghrébins et africains ont une place d’honneur. La Mauritanie cette année, avait une place de choix.
«La crise est une occasion de mettre en avant le Royaume et l’ensemble de l’Afrique. Il s’agit aussi de promouvoir nos atouts naturels, culturels et humains». Vaincre la crise, on le peut, estime Rahal. «Aux institutionnels de mettre en place des programmes de promotions et à nous privés de créer des évènements à valeur ajoutée pour mieux adapter l’offre au pouvoir d’achat mondial, et répondre au souci de développement d’un tourisme authentique, loin des mécanismes classiques d’industrialisation», répond-il. Pour Rahal, il faut travailler main dans la main. C’est le meilleur moyen pour faire bloc contre les effets négatifs de la crise.


Quand la Méditerranée se réveillera…


Un fonds bancaire pour financer l’infrastructure dans les pays méditerranéens sera bientôt mis en place, indique Ali Benhmed, directeur à l’international d’AWB, lors d’une conférence tenue en marge du MTM sous le thème «Mesures concrètes pour le tourisme méditerranéen» (voir page 12).
L’UPM (Union pour la Méditerranée) est une opportunité, estiment par ailleurs les participants, bien que le tourisme ne figure pas parmi les priorités identifiées.
En effet, les mécanismes et instruments de financement qui devront être mis en place pour l’Union devront encourager l’investissement dans les infrastructures touristiques. La Méditerranée pèse gros dans le tourisme. C’est 300 millions d’arrivées en 2008, soit plus de 32% de part de marché. Et pourtant, elle n’a jamais été promue en tant qu’ensemble. Outre les conflits politiques, il y a derrière cela une concurrence acharnée des pays de la Méditerranée dans le secteur. Etienne Pauchant est convaincu qu’une association comme la Mediterranean Travel Association pourrait redonner une identité touristique à la Méditerranée en regroupant institutionnels et privés.



Les TO en recul


Les principaux TO opérant sur le Maroc sont en baisse, notamment à Marrakech, locomotive du tourisme. Si Marmara a vu ses chiffres globaux s’accroître de 10%, le TO a eu des déceptions sur la Grèce/Crète (-4%) et sur le Maroc (-12%). Toutefois, le Royaume reste sa principale destination avec 304.000 passagers. Autre TO en recul sur la destination, Fram, qui vient pourtant d’ouvrir un nouvel établissement dans la cité ocre. Il est en chute de 15%. Enfin, Nouvelles frontières, qui malgré une nouvelle stratégie, a bouclé 2008 sur de mauvaises performances (- 40% par rapport à 2007).

Badra Berrissoule

 
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