· Objectif: mettre en place de nouveaux leviers de financement
· Le protocole d’intention sera signé le 30 janvier à Paris
· 20 projets déjà indentifiés
IL ne manquait plus que l’Union pour la Méditerranée, version revue et corrigée du processus de Barcelone, dans le concert des institutions extranationales à s’inviter dans la crise. C’est désormais chose faite. Sous la bannière de l’UMP, 13 institutions financières et bancaires de la zone euroméditerranéenne dont Attijariwafa bank, réunies en consortium, ont franchi le pas. Elles finalisent actuellement la mise en place de nouveaux leviers de financement pour contrecarrer les effets négatifs de la crise. Dans cette perspective, les établissements financiers privés des rives nord et sud de la Méditerranée, qui ont créé le 7 juillet 2008 à Paris un groupe de travail, auquel la Banque européenne d’investissement (BEI) ainsi que l’Agence française de développement (AFD) ont apporté leur soutien en tant qu’observateurs, multiplient les rencontres de travail pour une stratégie commune. Le protocole d’intention, fondant ce consortium, sera signé le 30 janvier à Paris par le comité stratégique qui devra arrêter un calendrier et des options de mises en œuvre. Présentant les contours de ce projet, au salon Moroccan Travel Market qui s’est déroulé à Marrakech du 15 au 18 janvier, le directeur de l’International d’Attijariwafa bank (cf.www.leconomiste.com) est allé dans les moindres détails. Car pour Ali Benhamed, «l’objectif du consortium est de faciliter les transferts d’argent des migrants méditerranéens vivant en Europe vers leur pays d’origine selon une optique d’investissement productif ciblant les PME et les projets d’infrastructures sur la rive sud de la Méditerranée». C’est dire que la démarche du consortium, qui devrait bénéficier de la participation de la Banque africaine de développement (BAD), repose sur des objectifs réalisables. Développer une gamme de produits bancaires et financiers destinés à satisfaire les besoins des migrants, attirer leur épargne et l’orienter vers le financement d’investissements, soutenir la croissance des petites et moyennes entreprises, financer les projets d’infrastructures, ce sont entre autres les objectifs visés. Il s’agit de promouvoir une indentification commune, mais permettant un financement à géométrie variable. Créer un catalogue commun de produits sur un site web que Benhamed compare à «une alliance de type skyteam bancaire méditerranéenne». Pour cela, les initiateurs de ce consortium ont identifié 20 projets, regroupés sous quatre grands chapitres: transferts, épargne et retail, financement des PME et financement d’infrastructures.
Les produits
Transferts: Le consortium s’engage à mettre en place une plateforme d’envoi de fonds des migrants. Au menu également, des tarifs privilégiés sur les transferts de compte à compte ou encore de la mise en œuvre des solutions de carte à carte sur différents corridors. Epargne et retail: Il s’agit de jumeler un produit d’épargne au nord et au sud avec les mêmes avantages, acquérir conjointement de nouveaux clients, proposer des produits cobrandés immobiliers, étendre le système smile’s aux pays de la rive sud ou encore distribuer un pack pour les étudiants. Financements des PME: Ce volet porte sur la mise en relation de points d’entrée unique; l’utilisation des garanties (Confifi, AFD, BEI) pour mieux financer les PME; la création d’une base de données commune pour faciliter les échanges d’informations ou encore la signature d’un accord multilatéral pour faciliter le développement des PME (ouverture de comptes croisées, possibilité de financement accru). Financement d’infrastructures: Ils supposent d’abord la signature d’un protocole pour mieux financer les projets et partager les risques. Mais aussi par l’institutionnalisation de l’échange d’informations et l’association des partenaires autour de projets.
Bachir THIAM
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