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Gros lifting pour la place Lalla Ydouna   Marrakech: L’ancien marché de gros revient à la ville
Immobilier: Des pistes pour pérenniser le secteur
 
· Coopératives d’habitat, mobilisation de foncier public, catégorisation des produits…

· L’étude sur les standings bouclée


L’immobilier se porte très bien. Ahmed Taoufiq Hejira ne le répétera jamais assez. Pour lui, si crise il y a, c’est du côté du logement qu’elle se trouve. Le ministre de l’Habitat a dressé un véritable plaidoyer pour défendre sa thèse et prouver la bonne santé du secteur(1). «Tous les indicateurs sont au vert et attestent de la dynamique exceptionnelle du secteur qui se poursuit depuis plus de 5 ans», rappelle-t-il. «Les assertions quant à une crise dans l’immobilier ne s’appuient sur aucune donnée objective», affirme le ministre. Et de rappeler les différents indicateurs du secteur (ventes de ciments, encours des crédits immobiliers, volume des IDE…) qui sont tous en progression sur les 8 premiers mois de l’année. Pour convaincre, le ministre avance un autre constat: «A l’issue des conseils des 25 agences urbaines, et au regard des permis de construction et d’habiter délivrés, aucune ville du Royaume ne souffre de récession». Ce que confirme aussi l’engouement pour la propriété: de 57% en 2004, la part des propriétaires est passée à 64% en 2008, soit une progression de 7% en l’espace de 5 ans.
Cependant, le ministre reconnaît que, dernièrement, l’activité a accusé un léger fléchissement notamment dans le segment du haut standing. Ralentissement en partie lié à la conjoncture internationale avec le renchérissement des prix des intrants. En cause également, les problèmes de rareté et par conséquent de la flambée du foncier. Il relève aussi la question de l’inadéquation de l’offre à la demande. Un problème qui risque de s’aggraver davantage avec l’arrêt des chantiers du logement social (programmes conventionnés des unités à 200.000 DH). Les promoteurs immobiliers, faute d’incitations fiscales, risquent de se tourner vers d’autres segments où les marges sont plus importantes. «Les avantages fiscaux auxquels s’accrochent les promoteurs professionnels ne seront plus de mise», assure le ministre.
Dans sa nouvelle stratégie, le ministère adopte une nouvelle approche de régulation basée sur le ciblage en s’appuyant sur le levier du foncier. C’est le cas de l’aide aux consommateurs qui passe par le vieux concept des coopératives d’habitat. Cet instrument, qui a fait ses preuves dans le passé, sera remis au goût du jour pour booster notamment l’offre destinée aux classes moyennes, mais aussi pour lutter contre la spéculation. Ainsi, les personnes dont les revenus sont compris entre 6.000 et 15.000 DH sont encouragées à se regrouper dans le cadre de coopératives d’habitat. «Des lots de terrains équipés leur seront cédés à des conditions avantageuses», assure Najib Laraichi Bedoui, président du directoire d’Al Omrane.
Concernant le flou qui caractérise les standings, une visibilité se profile avec l’achèvement de l’étude menée avec les associations professionnelles sur la question. Sur cette base, promet Hejira, sera élaborée une loi pour normaliser le standing.
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(1) C’était lors d’un débat organisé, le 12 novembre, par La Vie Eco sur le thème: «Comment pérenniser le secteur»


Le secteur en chiffres


LE rôle clé de l’immobilier dans l’économie nationale n’est plus à démontrer. En effet, les chiffres officiels parlent d’un volume d’investissements annuels de 75 milliards. En termes de recettes fiscales, la part du secteur est de 14% avec 21 milliards de DH. Son rôle est aussi incontestable comme grand employeur. Les chiffres officiels parlent, en tout, de 600.000 emplois dont une bonne partie de main-d’œuvre non qualifiée. Le poids de l’immobilier est également remarquable dans la Bourse avec 21% de capitalisation boursière et 17% du volume des transactions.

Khadija EL HASSANI

 
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