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L’œuf marocain n’est pas compétitif
 
· L’élevage reste loin des résultats techniques réalisés en Europe

· La consommation moyenne est de 110 œufs/hab/an



La branche de production des œufs au Maroc n’est pas compétitive. C’est ce qui ressort d’une étude réalisée par l’ANPO (Association nationale des producteurs d’œufs de consommation). Les Marocains mangent relativement peu d’œufs, 110 œufs habitant/an alors qu’en Europe la consommation moyenne est de 231 œufs/habitant/an. De même, les coûts de production sont des plus élevés. «Aujourd’hui, le coût de revient d’un œuf est aux alentours de 0,72 DH/œuf, alors que le produit est mis en vente à partir de 0,71 DH», explique Mohamed Berrada, DG de la société C2Mix, lors d’une conférence de presse tenue récemment à Casablanca. L’étude a aussi mis l’accent sur les élevages marocains qui restent loin des résultats techniques réalisés en Europe. Le nombre d’œufs par poule au Maroc est estimé en moyenne à 265 œufs/poule (à 71 semaines) contre 308 œufs/poule en France, soit un manque à gagner de 15%. La filière avicole souffre aussi de la hausse des prix des matières premières. Les aliments (maïs, tourteau, huile de soja...) pèsent pour 75% dans le prix de revient de l’œuf de consommation. Or, entre janvier 2007 et mars 2008, les cours ont augmenté de plus de 60%. Certes, les prix ont rechuté entre temps sur les marchés internationaux, mais au Maroc, cette baisse n’est pas perceptible. «Notre pays, contrairement à l’Europe, ne produit pratiquement aucune matière première rentrant dans la production de l’œuf, elles sont toutes taxées (sauf le maïs). Cette situation inquiète sérieusement les professionnels du secteur», a souligné Abdellatif Zaime, président de l’ANPO. La TVA varie de 7 à 20% sur toutes les matières premières et tous les intrants sans qu’elle soit récupérée. Durant les trois dernières décennies, la production d’œufs de consommation a enregistré un taux de croissance moyen de 6% avec une production de 2,8 milliards d’œufs de consommation. En revanche, le système de commercialisation est le grand oublié dans cette mise à niveau. La commercialisation est toujours artisanale et les prix de l’œuf sont déterminés par le marché des «biadas» (situé au quartier la Gironde à Casablanca). Or, dans ce métier, le stockage est quasi nul. A un certain stade, le produit doit être vendu, même à perte.
Rappelons que le 22 avril dernier, un contrat-programme a été signé dans le cadre du Salon de l’agriculture de Meknès (Siam). Il prévoit 1 milliard de DH d’investissement pour soutenir la filière. Un centre de formation, un laboratoire de recherche et le financement d’un plan de communication. Avec ce contrat, la production annuelle d’œufs doit s’élever à 5 milliards d’unités au lieu de 3 milliards actuellement.

J. R.
 
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