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Participation à 14%! Et si le pire était à venir…

Par Taha BALAFREJ
 
Taha Balafrej est membre de l’USFP et ancien haut fonctionnaire au département de l’environnement

Seulement 14% de participation à l’élection législative dans une circonscription de Marrakech, deuxième ville du Royaume! D’accord il s’agit d’une législative partielle, c’est Ramadan, on vient juste d’en finir avec la rentrée des classes… On peut trouver ou inventer d’autres excuses et prétextes comme le krach boursier, évité de justesse à Casablanca! Mais la réalité est là, têtue. Il y a bien une tendance à la baisse dans la participation depuis que les électeurs sont libres d’y aller ou pas.
Le jeu politique n’est plus qu’un jeu qui n’intéresse que les joueurs. Dans le cas de ce scrutin à Marrakech, on peut même pousser plus loin et parier que si ce n’était pour les prébendes distribuées par le vainqueur, le score aurait été encore plus faible.
En fait on pourrait même s’amuser à rechercher une similitude entre le nombre d’électeurs et le nombre de nécessiteux dans la circonscription.
Après le suffrage censitaire, voilà le temps venu du suffrage où ce sont ceux qui sont dans le besoin qui décident pour tout le monde!

500 voix pour l’Istiqlal du Premier ministre!


Sur le plan strictement politique, la lecture est encore plus édifiante. Le représentant du parti du Premier ministre dans une de ses villes symboles ne recueille pas plus de 500 voix, tandis que le candidat indéboulonnable, bâtonnier, pilier de son parti, n’atteint pas les deux mille voix et prépare déjà les arguments pour justifier sa défaite en... 2012! Et pire encore, l’échec du représentant du PAM, nouveau parti censé apporter le renouveau et la crédibilité dans le champ politique, est révélateur d’une profondeur alarmante du malaise, puisque même le parti de «l’ami du Roi» ne fait pas recette!
Mais qui s’en inquiète? Qui réfléchit sérieusement aux mesures qu’il faut prendre pour remédier à cette situation? Les regards et les ambitions sont déjà tournés vers le scrutin municipal de 2009 et les responsables, en bonnes autruches, la tête bien enfouie dans le sable, peaufinent les détails de ce qui sera une réelle catastrophe si rien de sérieux n’est entrepris.
Ceux qui jubilent en voyant s’isoler les centres du pouvoir réel du terrain politique et des institutions issues des élections se trompent lourdement.
Ceux qui prétendent que le vrai vote a lieu lorsque le peuple se déplace massivement pour le passage du cortège royal, ne rendent pas service au système politique marocain.
Au-delà des scores, et de l’état de santé des partis, le danger est ailleurs pour la stabilité du pays.
Il réside dans le fait que tous ces barons locaux, influents grâce à un système, un jour, comme cela fut le cas ailleurs, ils ne se contenteront plus des privilèges et de la notoriété du poste électif.
L’idée pourrait leur venir de se liguer et de se retourner contre le système qui les a créés…
 
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