· L’opération se poursuit quand même
· Le CDVM maintient son visa
· Comptes enfin certifiés
UNE première dans les annales de la finance marocaine. Un membre du syndicat de placement pour la prochaine IPO se retire à 48 heures du lancement des souscriptions. En effet, BMCE Bank a décidé de quitter le navire. Raison invoquée: «Nous avons reçu la note d’information après avoir reçu la lettre d’engagement», précise la banque. La décision a été prise au plus haut niveau de la banque. Et d’ajouter qu’«en aucun cas, il n’est question d’accuser qui que ce soit de vouloir frauder». Dans pareils cas, plusieurs questions s’entremêlent: Quelle est la procédure réglementaire à observer vis-à-vis des autorités compétentes? Quelles sont les conditions de sortie? Le CDVM a-t-il le droit de refuser, sous quelles conditions? Compte tenu de la rapidité du retrait, quelle conséquence pour cette introduction? La procédure exige, dans un premier temps, d’aviser le gendarme de la Bourse, ainsi que la place boursière sans délai. Une lettre de retrait signée de Othmane Benjelloun lui-même, a été envoyée hier au CDVM. En principe, «il doit publier un visa rectificatif de la note d’information», est-il indiqué au sein du Conseil déontologique. «Le CDVM ne peut en aucun cas refuser un retrait, la demande émane de l’émetteur». Cependant, «le visa n’a pas été suspendu», tient à rappeler Zouhair Bennani, président du groupe Hyper SA. Et d’ajouter, «le CDVM réitère sa confiance pour cette introduction, rien ne change sur la note d’information». Notons que le gendarme de la Bourse n’a pas son mot à dire sur l’évaluation. De fait, «ce n’est pas parce que Othmane Benjelloun n’est pas d’accord sur la valorisation que le public n’a pas le droit de souscrire», souligne Bennani. Une publication expliquant les raisons du retrait sera disponible dès aujourd’hui. Cependant, cela ne remet pas en cause l’opération, les dirigeants entendent bien poursuivre l’IPO. Les souscriptions sont maintenues pour lundi 16 juin. Ceci est confirmé par la banque conseil, la BMCI. Rappelons que pour les évaluateurs, la valeur de Label’Vie posait problème pour des raisons de méconnaissance de la distribution. En effet, ce secteur recèle d’un potentiel énorme. C’est ce qui ressort d’un benchmark de A. T. Kearney, qui classe le Maroc en 6e position mondiale en termes de potentiel de croissance dans ce domaine. De plus, l’évolution des acteurs de ce secteur est atypique. Il faut passer un certain nombre d’années pour apprendre le métier. Puis vient une phase de croissance fulgurante. Ensuite elle est suivie par la phase de la maîtrise du modèle économique dans laquelle «on atteint le point d’équilibre». Label’Vie se trouve en bas de sa courbe de croissance forte, selon Rachid Hadni, son administrateur directeur général. Après, interviendra la phase de saturation, où la croissance devient plus réduite. «Le taux d’équilibre financier a été atteint en 2006», indique Amine Bennis, directeur financier. A partir de cette date, l’introduction en Bourse a été envisagée. Le résultat opérationnel dégagé en fin 2007 avoisine les 16,7 millions de DH, ce qui a permis de dégager un résultat net de 8,5 millions de DH. «La croissance du volume, ainsi que les économies d’échelle réalisées sur les charges d’exploitation nous permettent aujourd’hui de consacrer ces investissements au développement», ajoute Bennis.Les titres (458.150) offerts à souscription seront des actions Hyper SA, toutes de même catégorie. Le montant global de l’opération se situe entre 455, 85 et 524,12 millions de DH. Côté perspectives, Label’Vie projette de doubler sa valeur d’ici 2, voire 3 ans, dans le but de devenir un distributeur multiformats. L’entreprise envisage l’ouverture de 6 hypermarchés à l’horizon 2011. «Même si le programme d’investissement a volontairement été arrêté en 2001, notre vision de développement va jusqu’en 2016», souligne Hadni. 27 points de vente sont prévus sur les quatre ans à venir, avec une cadence de 6 magasins par an. «Dans le cadre du Plan Rawaj, nous avons signé une convention avec l’Etat, portant notamment sur l’exonération de droits d’imporation», précise-t-il. Le développement se fera essentiellement à travers l’ouverture de supermarchés, d’hypermarchés, ainsi que l’octroi de franchises. «Nous espérons dégager une marge globale de 20,7% en 2001», indique Hadni. Quant à la question du risque lié à l’aventure sur le segment des hypermarchés, le directeur général de Label’Vie a été catégorique: «Une fois que vous maîtrisez la gestion des produits frais, chose dans laquelle nous excellons depuis des années, vous pouvez tenter l’aventure des hypermarchés. Nous avons toujours atteint les objectifs que nous nous sommes fixés et nous espérons bien que ça va continuer». Toutefois une nouvelle banque entrera dans le syndicat de placement. Selon nos informations, il s’agit du Crédit du Maroc.
Développement déjà «sécurisé»
SUR les 27 magasins prévus, le management de la société affiche sa confiance. Et pour cause, «94% du business plan des deux prochaines années sont totalement sécurisés». Cela représente en volume près de 14 magasins en cours de construction. Et 53% du programme de développement global. L’investissement net de cette stratégie coûtera 1,75(1) milliards de DH.
My Ahmed BELGHITI ------------------------------------------------------------------ (1) Il convient de rappeler que les comptes de la société ont bel et bien été certifiés, ils ne présentent aucune réserve particulière.
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