· Le choix du site, l’un des gros obstacles techniques
· La consommation actuelle n’exige pas encore de réacteur
LES débats sur l’énergie nucléaire s’acheminent timidement… mais sûrement. Pas plus tard que le 25 décembre dernier, la ministre de l’Energie, des Mines, de l’Eau et de l’Environnement, Amina Benkhadra, a précisé au sein de la Chambre des conseillers qu’il faudra attendre une «décennie pour lancer la production électronucléaire». L’indépendance énergétique ne se résout pas par un claquement de doits. L’échéance de 2017 se justifie par des raisons techniques. Parmi ces dernières figure le choix du site. Phase décisive pour le lancement du nucléaire civile marocain. Le réacteur doit être «proche d’une source d’eau pour son refroidissement», explique Mohssine Hachkar, professeur de chimie à l’Ecole supérieure de technologie de Safi. Il devrait, a priori, être implanté dans une région côtière non encore déterminée. Il y a également l’aspect sécuritaire qui induit qu’un site doit être «loin des zones urbaines». Un autre paramètre à prendre en compte: la proximité des grandes zones de consommation. «Minimiser le coût du transport de l’énergie s’impose», commente le Pr Hachkar. Il sera difficile d’harmoniser entre les deux derniers critères diamétralement opposés. «Dix ans pour lancer un projet de réacteur nucléaire et seulement un an pour celui d’un parc éolien», selon un spécialiste de l’énergie. Une comparaison qui lève le voile sur l’ampleur des exigences techniques. D’autres raisons sont évoquées: la consommation actuelle d’électricité ne dépasse pas les 5.300 Mégawats. Sur le plan national, la croissance des besoins est d’une moyenne de 8% par an. D’ici 2020, elle passerait à 18.000 Mégawats. C’est là où la production nucléaire se justifiera en termes de consommation. L’écologie est un autre point d’achoppement. Le ministère des Mines qui, ne l’oublions pas, s’occupe aussi de l’Environnement ne doit pas le zapper. En France, le réseau «Sortir du nucléaire», qui regroupe 800 associations, a demandé en octobre, au Président de la République, de réaliser d’urgence une enquête sur les risques de cancers accrus liés aux centrales nucléaires D’après les déclarations d’Amina Benkhadra, des «études ont été lancées en coopération avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA)». On n’en saura pas plus. L’Economiste a tenté d’avoir plus de précisions, mais en vain. Le département de tutelle est resté injoignable. D’autres intervenants y sont associés. La ministre évoque aussi les «partenaires du Maroc». Areva qui a signé, le 23 octobre 2007, un accord d’extraction d’uranium avec l’OCP serait de la partie. Le Centre national de l’énergie, des sciences et des techniques nucléaires (CNESTEN) y est-il associé? «On ne l’a pas officiellement impliqué», selon des sources. En tout cas, la matière grise nationale a déjà lancé un réacteur nucléaire d’une puissance de 2 Mégawats. Il ne sert pas à produire de l’électricité, mais plutôt des radio-isotopes utilisés en agriculture. Les essais de mise en service ont démarré le 30 avril 2007.
Faiçal FAQUIHI
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