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Gros lifting pour la place Lalla Ydouna   Marrakech: L’ancien marché de gros revient à la ville
Près d’un étudiant sur deux est une fille
 
· 57,6% des nouveaux inscrits étaient des filles en 2004

· Le droit tient le haut du pavé avec 70,7% des recrues


Elle est bien révolue, l’époque où l’enseignement supérieur était dominé par les étudiants de sexe masculin! Selon les derniers chiffres du ministère de l’Education nationale, les filles occupent 45,4% des bancs des universités. Et même plus: à la rentrée 2004, elles étaient majoritaires parmi les nouveaux inscrits (57,6%). Ces étudiantes ont été admises dans tous les domaines et spécialités, ou presque. Cette même année, elles ont cependant carrément boudé le génie mécanique et la maintenance industrielle.
Entre 1999 et 2004, plus de 43.755 étudiants ont joint les rangs de la population universitaire. Ce sont les sciences qui, en 2004, ont attiré le plus d’entre eux. Mais sur les cinq années, ce sont les sciences juridiques, économiques et sociales qui ont obtenu la plus haute cote de popularité, avec 30.941 recrues. Le droit comptait, en 2006, pas moins de 122.119 étudiants.
L’enseignement originel attire de moins en moins d’étudiants: ce domaine a perdu près de la moitié de ses effectifs de nouveaux inscrits en cinq ans. En fait, c’est le seul domaine à avoir accusé une baisse d’inscriptions.
En 2004, le nombre total des étudiants nouveaux inscrits était de 77.526. C’est cependant l’université de Sidi Mohammed Ben Abdallah, à Fès, qui a connu la plus forte augmentation depuis 1999, avec 4.425 étudiants de plus. L’université Ibnou Zohr, à Agadir, obtient aussi un très bon score avec 3.038 recrues supplémentaires. Quaraouiyine (Fès) a quant à elle perdu près de la moitié de sa population étudiante en cinq ans. Toujours pour la rentrée 2004, à Rabat, on comptait 1.133 inscriptions de moins qu’en 1999, sur le campus Mohammed V à Souissi. Cependant, celui de l’Agdal en a récolté 1.041 de plus.
Depuis 2001, la capacité d’accueil des établissements universitaires a connu une extension considérable : 34.179 places supplémentaires.
En juin 2005, 30.591 Marocains ont reçu un diplôme universitaire. C’est 3.243 diplômés de plus qu’en 2000, et les garçons ne représentent que… 31% de ce chiffre! Un an plus tard, en 2006, ce sont 50.212 étudiants qui ont reçu un diplôme d’une université marocaine. Ce score s’explique par le fait qu’il y a à la fois eu sortie de la promotion de l’année 2002-2003 de l’ancienne licence (4 ans), et de la promotion 2003-2004 de la nouvelle licence (3 ans).
Les universités qui ont remis le plus de diplômes sont celles de Cadi Ayyad Marrakech (3.705) et de Sidi Mohammed Ben Abdallah Fès (3.543). Sur l’ensemble, seulement 2.487 sont des diplômés du troisième cycle, soit 8%. Les étudiants en sciences sont les plus nombreux à compléter le troisième cycle: ils représentent 43% de ces diplômés.
Le corps professoral n’a pas suivi le même trend haussier que le nombre d’étudiants. Seulement 764 enseignants de plus ont été engagés en cinq ans, contre 43.755 nouveaux étudiants. On peut donc calculer qu’un nouvel enseignant est engagé pour chaque lot de 57 nouveaux étudiants. C’est le domaine du droit qui semble le plus cruellement manquer de professeurs: on en recense seulement 1.263 pour 121.564 individus. Le taux d’encadrement des étudiants en droit se situerait alors autour de 1%. Les scientifiques sont toutefois les plus choyés, avec 3.340 profs pour 45.240 élèves, soit un taux d’encadrement de 7,4%. L’université qui compte le moins de professeurs par rapport au nombre d’élèves est Ibnou Zohr (Agadir). En comparant le ratio professeur/élève, on arrive à un enseignant pour 55 élèves. L’université qui possède le meilleur ratio est Mohammed V (Rabat). En effet, le campus de Souissi compterait en moyenne un professeur pour seize élèves.


Où sont passées les bourses?


Question budget, l’enveloppe réservée aux bourses a malheureusement subi une sérieuse cure d’amaigrissement. Elle est passée de 557 millions de DH (1999) à 428 millions en 2004. Les subventions accordées aux cités universitaires ont également été réduites de 1,5 million, ces cinq dernières années.
En 2004, le budget réservé aux salaires était de 3,75 milliards de DH, soit 1,84 milliard de plus que cinq ans auparavant.
Les bonnes nouvelles sont pour les subventions aux établissements universitaires, qui ont vu leur budget passer de 207 à 250 millions de DH ces cinq dernières années. Idem pour la recherche scientifique: son budget global a doublé pour atteindre près 80 millions de DH. Finalement, entre 1999 et 2005, le budget global accordé aux universités marocaines a augmenté de 35,5%, selon le ministère de l’Education nationale. Une évolution que l’on peut juger comme étant respectable, considérant que le nombre d’étudiants aurait crû de 15% pendant la même période, le nombre d’enseignants de 7,2% et le personnel administratif de 0,8%.

Marie-Hélène GIGUÈRE

 
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