· Le parti appelle à la création d’un ministère de l’Egalité
"FAIRE de la politique autrement!" C’est l’esprit qui a caractérisé une rencontre-débat de l’USFP à Casablanca. Un événement tenu en présence de représentantes de la société civile, femmes chefs d’entreprises et membres de l’Afem. Objectif, débattre de l’approche genre et sa déclinaison transversale dans le programme électoral du parti. Mais aussi sceller un pacte moral entre le parti et la société civile pour élargir le cercle des femmes dans le paysage politique. Côté socialistes, la formation a été représentée par Nezha Chekrouni, Saloua Karkri Belkeziz, Amina Benlouhidy et Habib El Malki. Devant un parterre aussi hétéroclite, le débat n’a pas été conciliateur. Un soupçon de défiance s’en est même dégagé à travers les interventions. «Ce qui est tout à fait légitime, car nous avons un vécu politique traumatisant», fait remarquer El Malki. Si l’USFP est reconduit, se demande la salle sceptique à la perspective de participation de femmes, «y’ aura-t-il autant de femmes ministres que d’hommes dans le prochain gouvernement?» Une question restée en suspens! Le constat aujourd’hui est marqué par une sous-représentativité de la femme non seulement dans le leadership mais à tous les niveaux de la décision. Des blocages d’ordre culturel relayés par des clichés machistes persistent. Or, en langage sociologique, les changements d’ordre culturel sont les plus lourds à gérer à travers des générations. L’expérience a démontré que l’équité en tant que mécanisme de changement ne s’opère pas du jour au lendemain. Un processus tributaire de l’engagement de l’ensemble de la société. Les attentes sont tellement grandes et les déficits énormes: A titre d’exemple, le nombre de femmes au Parlement au Rwanda est de 49%, c’est le 1er pays en Afrique. Le Maroc était 2e, il y a à peine quelques années. Aujourd’hui, il a régressé et occupe la 7e position loin derrière la Mauritanie, souligne Noureddine Ayouch, de Daba 2007. Pis encore, malgré la réforme de la Moudawana, près de 30.000 filles mineures ont été forcées de se marier l’an dernier. Ce qui les prive de leurs chances à l’éducation, à l’emploi... En plus, l’abandon scolaire touche principalement la fille rurale. Ce qui fait de la femme une force passive. Face à cette réalité amère, l’USFP apporte des éléments de réponses. Le parti de la rose intègre l’approche genre, dans son programme, en tant que levier de développement et de cohésion sociale. Ce qui devra accroître, selon le parti, les capacités collectives d’organisation de la société. De l’avis de Saloua Karkri, le défi aujourd’hui est celui de la bonne gouvernance. Or, il ne peut y avoir de bonne gouvernance sans la représentativité de le femme. Des secteurs tels que la finance, la R&D, les NTI… sont l’apanage des hommes.
Discrimination positive
POUR pallier cette situation, le programme des socialistes a fortement mis l’accent sur l’implication de la femme. Selon Belkeziz, le parti appelle à la définition d’une stratégie nationale avec une loi-cadre, la création d’un haut conseil de l’égalité, voire un ministère dédié en charge d’élaborer la stratégie ad hoc. Sur le plan économique, le parti ambitionne de récupérer 50% du potentiel marocain en intégrant la femme dans les rouages des instances dirigeantes. L’on parle d’un taux d’intégration de 30% de femmes dans le public. L’accès des femmes aux produits financiers est appelé à s’élargir davantage. Il en est de même pour l’encouragement de l’auto-emploi par la création de TPE par des femmes avec des garanties étatiques. Pour faciliter l’implication des femmes dans le milieu professtionnel, le parti compte lancer des crèches pour enfants de 3 à 5 ans, généraliser le transport scolaire, des cantines et la création de centres de maternité.
A.R
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