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Sahara: Les négociations démarrent aujourd’hui
 
· Le 1er round pour instaurer les mesures de confiance

· L’Algérie et la Mauritanie, invitées


Le Maghreb aura aujourd’hui et demain les yeux braqués sur Manhasset, une banlieue de New York qui abrite le premier round des négociations entre le Maroc et le Polisario. C’est une première dans l’histoire de ce dossier, pris en main depuis peu par une nouvelle équipe. La délégation marocaine est conduite par Chakib Benmoussa et composée de Tayeb Fassi Fihri, Fouad Ali Al Himma, Kalli Hanna Ould Rachid, Mohamed Yassine Mansouri (patron de la DGED) et Mustapha Sahel, ambassadeur du Maroc à l’ONU. Ils sont appuyés d’experts techniques. D’ailleurs, Rabat a marqué un point, en imposant le président du Corcas dans la délégation. Le Polisario récusait toute présence dans la délégation de membres originaires des provinces du Sud. Il ne faudra pas s’attendre à une entrée dans le vif du sujet dès le premier round. Ce sera plutôt une première prise de contact entre les deux parties, chapeautée par Peter Van Walsum, l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU. La discussion devra porter sur des aspects techniques. A l’ONU, c’est la première fois que le Maroc et le Polisario nouent le contact. Il est donc impératif d’éviter tout clash ou autre incident qui remettrait en cause les négociations. Pour cela, il faut instaurer ce que les diplomates appellent « les mesures de confiance ». Il s’agit de prendre des dispositions de part et d’autre pour assurer la continuation des négociations. Des exemples : l’arrêt des provocations du Polisario près du mur de sécurité, libération des étudiants sahraouis …
En tout cas, Peter Van Walsum a innové dans la forme de traitement du dossier. Au lieu d’une tournée dans les capitales de la région, il a opté pour la réunion des protagonistes sur un terrain neutre près de New York. L’autre innovation est l’introduction d’une clause de calendrier dans la résolution adoptée à l’unanimité le 30 avril dernier. Le secrétaire général Ban Ki-Moon devra ainsi remettre un premier rapport au Conseil de Sécurité avant fin juin.
Le diplomate onusien a tenu à inviter le groupe des amis du Sahara que sont l’Espagne, la France, les Etats-Unis, la Grande Bretagne et la Russie. Ces pays, qui souvent rédigent les résolutions du Conseil de sécurité, seront présents à cette première rencontre. La forme de leur présence n’est pas encore connue.
L’autre nouveauté est la présence dans les coulisses de l’Algérie et la Mauritanie. Pour cette mission, Alger a mobilisé des connaisseurs techniques des rouages de l’ONU et du dossier du Sahara depuis le début du conflit. C’est le cas de Ramdane Lamamra, actuel secrétaire général des Affaitres étrangères et qui a été pendant longtemps en poste à l’ONU.


Autonomie


La proposition marocaine pour une autonomie au Sahara se fera dans le cadre de la souveraineté marocaine et l’intégrité territoriale. Elle permettra aux Sahraouis de gérer leurs affaires à travers des organes. Ainsi, la région aura un pouvoir exécutif exercé par un chef de gouvernement élu par un Parlement régional et installé par le Souverain. Pour le Parlement, une partie de ses membres sera élue par les tribus et le reste via le suffrage universel. L’offre marocaine prévoit également la présence dans la région du commissaire du gouvernement dont la mission sera de veiller au respect des éléments de souveraineté. Il s’agit notamment de la Commanderie des croyants, la défense et les relations extérieures. A la fin des négociations, la validation de l’autonomie se fera par l’organisation d’un référendum auprès de la population des provinces du Sud, selon la légalité internationale et les résolutions des Nations Unies.

Mohamed CHAOUI

 
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