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Dialogue de sourds?
 
· Des négociations de longue haleine

· L’initiative marocaine, une approche nouvelle


En 2006, le Maroc a décidé d’accorder au Sahara une autonomie interne. Le Conseil royal consultatif pour les affaires sahariennes (CORCAS) a été alors chargé d’étudier les possibles statuts d’autonomie dans la région. Cependant, le Polisario et l’Algérie refusent toute solution qui ne comporte pas l’option de l’indépendance.
En avril 2007, le Conseil de sécurité des Nations-Unies adopte une nouvelle résolution (n° 1754) qui engage les parties à négocier «en vue de parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui permette l’autodétermination».
Cependant, les négociations entamées, dès aujourd’hui à New York, ont-elles une chance d’aboutir? Non, dira un politologue, en l’occurrence Mohamed Darif. «Ce sont des négociations difficiles, de longue haleine et qui risquent de prendre beaucoup de temps», affirme-t-il. Certes, le Conseil de sécurité a appelé à des négociations sans conditions préalables, mais ces dernières existent déjà dans la mesure où chacune des deux parties a, de facto, posé ses conditions. Pour le Maroc, il est hors de question de discuter de sa souveraineté sur le Sahara. Quant au Polisario, il a exprimé sa position en s’en tenant à l’organisation d’un référendum d’autodétermination. Ce sont là deux positions contradictoires qu’il est impossible de rapprocher, estime Darif.
L’initiative marocaine sera-t-elle pour autant enterrée? Peut-être pas. Mais à la seule condition que la communauté internationale intervienne et pèse de tout son poids en faisant pression sur les deux parties et aussi sur l’Algérie, estime encore Darif. Seulement, jusqu’à maintenant, elle ne veut pas intervenir pour imposer une solution. En outre, si le Maroc se réfère aux liens d’allégeance avec le Sahara, le Polisario, lui, met en avant les recommandations de l’Organisation des Nations Unies. Il devient alors difficile de «faire référence à l’histoire du moment que les deux parties ont déjà tracé les lignes rouges», au-delà desquelles elles ne peuvent faire de concessions.
Un autre observateur de l’évolution de la question a estimé que «sans l’Algérie, il n’y aura pas de solution à ce conflit». Si le Maroc a, dès le 4 juin, répondu favorablement à l’invitation de l’Onu d’engager des négociations directes avec le Polisario, l’Algérie l’a accueillie avec «scepticisme», rappelle-t-il. «L’Algérie est présentée par l’Onu dans tous ses rapports et résolutions comme un pays voisin, mais cela ne veut pas dire qu’Alger n’a pas d’intérêts à défendre dans la région», observe-t-il. Aussi, «l’optimisme concernant les négociations du 18 juin risque-t-il d’être prématuré, car les données du conflit ont changé», dit-il. Le Conseil de sécurité de l’Onu se trouverait, selon lui, devant un dilemme: convaincre le Maroc d’accepter la tenue par les Sahraouis d’un référendum basé sur le principe de l’autodétermination ou inviter le Maroc, le Polisario et l’Algérie à négocier la résolution du conflit sur la base de principes qui leur conviennent. Toutefois, l’initiative marocaine, aux yeux de nombreux observateurs, «est une approche nouvelle, qui fait table rase de toutes les approches préconisées jusqu’à ce jour pour le règlement de cette question». Ces dernières sont jugées «inapplicables sur le terrain et susceptibles de perpétuer encore pour longtemps ce problème».

J. E. HERRADI
 
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