· Le local onusien de Rabat toujours fermé
· D’autres sit-in programmés
Ils sont une trentaine d’hommes, de femmes et d’enfants dormant à même le sol. Ils n’ont pas mangé depuis des jours. Ne se sont pas lavés depuis quand? Et ces enfants, que font-ils là? Triste tableau que l’on peut voir depuis le vendredi 18 mai, devant les portes du Haut commissariat aux réfugiés (HCR) de Rabat. Une situation des plus embarrassantes pour le représentant du HCR, Yohanes Van der Klauw: «Si la situation devait encore durer, je devrais me résoudre à appeler les forces de l’ordre, afin de pouvoir poursuivre la mission du HCR, et de continuer à accueillir les autres réfugiés, privés de l’assistance onusienne». Car les locaux sont fermés depuis lundi 21 mai, suite «à l’invasion du bâtiment par un groupe de Congolais». Côté réfugiés, le discours est différent. Ils ne bougeront pas. «Le sit-in durera jusqu’a ce qu’un accord soit obtenu avec le HCR», précise Fiston Massamba, l’un des 7 délégués des réfugiés. « Nous réclamons simplement nos droits. Un travail et un logement». Mais mercredi soir, après plusieurs heures de négociations entre les deux parties, aucun accord n’avait abouti. «C’est à l’Etat marocain de se charger de cela», précise Klauw, et d’ajouter que «les exigences de ces 600 réfugiés, officiellement reconnus par le HCR, ne sont pas de notre ressort». Et c’est là le cœur du problème: la reconnaissance du statut de réfugiés par les autorités marocaines. Car, elles ne participent pas, ou peu, aux différentes étapes de la constitution du dossier pour obtenir le certificat de réfugié. L’appel est donc lancé pour que le HCR et les autorités marocaines travaillent ensemble pour qu’enfin la situation se débloque. Car il est bien question de blocage, pour ces migrants, venus aussi bien de l’Afrique subsaharienne (Congo, Côte d’Ivoire…), mais également d’ailleurs, comme ce Palestinien catholique, ayant fuit son pays pour des raisons religieuses évidentes. Marié avec une Marocaine (convertie au catholicisme), père de deux enfants, ce «professeur de droit international est au Maroc depuis près de dix ans, mais ne rêve que de partir, car ici il meurt à petit feu». Une situation dramatique parmi tant d’autres.
Alexis BENSAAD
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