· Controverse sur la représentativité
Des représentants de l’Etat allemand et de l’islam se sont retrouvés mercredi 2 mai à Berlin pour leur deuxième réunion en moins d’un an, qui vise à favoriser l’intégration des musulmans sur fond de controverse sur la représentativité des organisations musulmanes. Depuis la mise en place de ce dialogue en septembre dernier, «nous avons avancé d’un bon pas», s’est félicité le ministre de l’Intérieur, Wolfgang Schäuble, peu avant l’ouverture des travaux. «Nous avons dépassé le mutisme qui a donné lieu par le passé à certaines incompréhensions et qui a avivé et même aggravé des conflits superflus», a ajouté le ministre conservateur. Quatorze représentants de l’islam, dont 9 personnalités indépendantes, et 12 représentants des pouvoirs publics se sont retrouvés pour cette 2e Conférence de l’islam organisée par le gouvernement de la chancelière conservatrice Angela Merkel. Les sujets qui peuvent fâcher devraient être abordés, notamment les cours de natation auxquels certaines jeunes musulmanes se voient interdire l’accès par leurs parents, l’enseignement de l’islam, le voile ou l’islamisme. Avant la tenue de cette conférence, Schäuble a toutefois tenté de minimiser les attentes, affirmant que le dialogue avec les quelque 3,4 millions de musulmans d’Allemagne était «un processus courant sur plusieurs années» et qui ne porterait pas forcément immédiatement ses fruits. Le dialogue apparaît d’autant plus délicat que certaines associations de musulmans regrettent que le nouveau Conseil de coordination des musulmans (KRM), réputé conservateur, soit censé devenir l’interlocuteur privilégié des autorités. Nouveau venu, le KRM regroupe quatre organisations de musulmans, mais ne représente en tout qu’environ 300.000 personnes, soit 10% de la communauté. «La fondation du KRM est un pas dans la bonne direction», a récemment souligné Schäuble. Mais, a-t-il ajouté, il ne peut «prétendre être l’interlocuteur unique» du gouvernement.
Synthèse L’Economiste
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