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Lymphome: Environ 7.500 cas détectés au Maroc
 
· Un cancer mal connu

· Des médicaments efficaces si le diagnostic est précoce


· Une nouvelle enquête mondiale vient de voir le jour


FOCALISER l’attention sur la maladie du lymphome et défendre les intérêts de ceux qui en sont atteints, tels étaient les objectifs de la 3e journée mondiale de sensibilisation sur cette maladie, tenue le 15 septembre dernier à Rabat. Pour les spécialistes, ce type de cancer est mal connu, pourtant des médicaments efficaces existent si le diagnostic est précoce. En effet, oncologues et hématologues se sont réunis la semaine dernière à l’Institut national d’oncologie à Rabat pour discuter de cas cliniques. C’était à l’initiative entres autres du Pr Noureddine Benjaafar et du Pr Christian Gisselbrecht de l’hôpital St Louis à Paris qui a apporté son expérience lors de ce symposium. «Les patients marocains doivent bénéficier de la meilleure information possible, ainsi que des traitements les plus efficaces, quel que soit leur niveau social», note le Pr Benjaafar. «Il faut savoir que sans traitement, le lymphome dans sa forme agressive est fatal dans les 6 mois à 2 ans», poursuit-il. «Les chances de survie ont augmenté, et dans bon nombre de cas la guérison est possible», indique le Pr Benjaafar. «D’où l’extrême importance d’identifier la maladie avant son évolution», martèle-t-il.
Les traitements actuels (association de chimiothérapie et d’anticorps monoclonaux), outre la radiothérapie et la greffe, sont porteurs d’espoir. Côté chiffre, il n’existe pas de recensement précis au Maroc. Mais il est estimé qu’il y a environ 7.500 malades et 1.500 nouveaux cas chaque année. La cause exacte du lymphome n’est pas claire mais il peut affecter les hommes, les femmes et aussi les enfants, indépendamment de leur mode de vie. Reste que plus les patients sont pris en charge tôt au cours de l’évolution de la maladie, plus les chances de survie sont bonnes. Au niveau mondial, plus de 1 million de personnes sont touchées par un lymphome non hodgkinien (LNH). Près de 200.000 personnes en meurent chaque année alors que 350.000 nouveaux cas sont recensés.
Pour marquer la journée mondiale du lymphome, une nouvelle enquête mondiale vient de voir le jour. Elle a été menée par la Lymphoma Coalition, un réseau international d’associations de malades souffrant d’un lymphome. L’enquête a touché un échantillon de 504 patients souffrant d’un lymphome (leur famille et amis). Son objectif était d’étudier les angoisses des patients face au cancer et l’aide qu’ils reçoivent lors du diagnostic, ainsi que d’évaluer la connaissance du public sur le lymphome. Il ressort de cette enquête que plus de la moitié (55%) des personnes qui vivent avec un lymphome n’avaient jamais entendu parler de cette forme de cancer avant qu’il soit diagnostiqué chez eux. De même, 43% des patients ne comprenaient pas ou mal ce que leur médecin leur disait à propos du diagnostic. Ainsi à la question: quelle a été votre plus grosse inquiétude lors du diagnostic? 42% des patients interrogés ont cité la possibilité de traiter un lymphome. Environ 42% expriment l’incertitude de l’avenir associé à cette maladie. Un tiers (33%) des patients interrogés a déclaré qu’il était nécessaire d’informer le public pour aider les malades du cancer. «Les conclusions de cette enquête mettent en évidence l’extrême méconnaissance et la mauvaise compréhension de cette forme de cancer», a déclaré le docteur Laurie Sehn, cancérologue et chercheur à Vancouver (Canada). «De nombreuses personnes n’ont jamais entendu parler du lymphome ou même du système lymphatique malgré le rôle vital qu’il joue dans le corps», déplore-t-il.


Dioxines, pesticides…


SCIENTIFIQUEMENT, le lymphome est un cancer du système lymphatique. Il existe dans différentes formes notamment de la maladie de Hodgkin dans laquelle on retrouve des cellules réticulaires anormales appelées cellules de Reed Sternberg. C’est la forme la plus rare de la maladie (1 cas sur 5), mais la première à avoir été décrite (1832). L’autre forme est celle des lymphomes non hodgkinien (LNH). C’est l’une des tumeurs dont la fréquence augmente le plus, son incidence ayant augmenté de 80% depuis les années 70. C’est la troisième forme de cancer en plus forte croissance de par le monde, après le mélanome de la peau et le cancer des poumons. Les causes de cette augmentation ne sont pas connues avec précision mais des facteurs de l’environnement sont suspectés (dioxines, pesticides…).



Perte de poids, fatigue…


LES premiers symptômes de cette maladie sont une perte de poids, une grande fatigue, une fièvre récurrente et inexpliquée. Des ganglions sont enflés et forment des grosseurs, souvent au niveau du cou, des aisselles ou de l’aine. Ces symptômes sont comparables à ceux d’une grippe ou d’une angine. Il faut s’en inquiéter lorsqu’ils persistent longtemps sans autre signe d’infection. Dans certains cas la tumeur ne se développe pas au niveau d’un ganglion, mais dans un organe tel que l’estomac ou le système nerveux. Elle peut aussi atteindre des ganglions profonds dans la cavité abdominale, pas aussi facile à détecter que les ganglions superficiels. Le diagnostic s’établit après réalisation d’une biopsie ( prélèvement du contenu d’un ganglion et observation des cellules au microscope par un anatomo-pathologiste). L’avancée de la maladie est précisée par des examens d’imagerie (scanners) et des examens biologiques (prise de sang).

F. Z. T.

 
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