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Le budget 2007 électoraliste?
 
· Oualalou s’en défend

· Un taux de croissance de 3,5%


· Année de la réforme de la fiscalité locale


2007 sera l’année des élections législatives. Alors, le prochain projet du budget comprendra-t-il des mesures pour attirer le maximum d’électeurs. Quelles sont les carottes fiscales ou autres mesures dans le prochain budget? Fathallah Oualalou s’en défend: «Je ne suis pas électoraliste».
En tout cas, le ministre des Finances et de la Privatisation programme son exposé sur le budget 2007 au cours du prochain conseil de gouvernement.
En attendant, Oualalou est optimiste. «La loi de Finances pour 2007 sera sereine à l’image de celle de 2006», a-t-il déclaré à L’Economiste. Selon lui, le Maroc a montré sa capacité à gérer la sécheresse, la hausse du pétrole, les départs volontaires à la retraite… Donc pas de crainte de ce côté-là. De même, les équilibres macroéconomiques seront maintenus.
Le taux de croissance pour 2007 est estimé à 3,5%. Quant à la croissance du PIB non agricole, elle sera supérieure à 5,2%. Dans ses prévisions, Oualalou fait preuve de prudence. Il sera difficile de faire plus, compte tenu des performances de cette année avec un taux de croissance qui caracole à 7%. Pour l’investissement public, le gouvernement maintiendra le même élan que celui de cette année.
Aujourd’hui, les indicateurs sont au vert avec des recettes fiscales en hausse. Selon une source du ministère des Finances, l’IS a augmenté de 2% par rapport à 2005, la TIC de 2,9%, la TVA de 15%. Quant à l’IGR, il a baissé de 2% et les droits de douane de moins de 2,5%.
Pour le ministre, «le PIB non agricole s’améliore». L’économie se libère de plus en plus des aléas climatiques et ses conséquences négatives sur le budget. Mais une chose est sûre, la bonne récolte de cette année aura des effets positifs sur 2007.
Oualalou mise surtout sur les recettes fiscales, avec la perspective de bons résultats.
Toujours sur le chapitre des recettes, la privatisation occupe une bonne place. Pour le ministre, elle n’a pas que des considérations budgétaires, mais sert à moderniser et restructurer les secteurs concernés par le transfert vers le privé. Aujourd’hui, les 5 milliards de DH inscrits dans le budget en cours ne sont pas encore réalisés. «Il faut attendre le 31 décembre prochain avant de se prononcer», prévient le ministre. Des opérations sont en cours. La Somathes pourrait rapporter près de 1 milliard de DH et les 20% de l’ex-Régie des Tabacs générer 4 milliards de DH.
Un des grands chantiers de 2007, la grande réforme de la fiscalité locale. Ce projet traîne depuis des années. Le ministère de l’Intérieur ne s’était pas inscrit dans le mouvement, prétextant le caractère sensible de ce dossier. Aujourd’hui, il s’agit d’aller vers la simplification. Les défauts de la fiscalité locale sont connus, avec une multitude de taxes dont la majorité n’a pas de rendement et mobilise le personnel des communes et des perceptions sans grands résultats. L’objectif de la réforme sera de moderniser tout ce dispositif. D’ailleurs, le code général des impôts sera définitivement établi dans le cadre du prochain budget. Selon un article de la loi de Finances en cours, le gouvernement présentera ce code dans le budget de 2007.
Cependant, Oualalou devra faire face à plusieurs contraintes. La facture énergétique arrive en tête. Le prix du baril de pétrole a déjà atteint 74 dollars avant-hier. Les prévisions pour 2007 tablent sur un baril à 70 dollars. L’économie marocaine a, jusqu’ici, fait face à la hausse des prix pétroliers. Mais pour combien de temps encore? Tout le monde s’accorde à dire que le recours systématique à la Caisse de compensation n’est pas la solution. La Caisse n’arrive pas à régler ses arriérés avec les sociétés pétrolières même si la loi de Finances en vigueur lui avait consacré pas moins de 12 milliards de DH. Sur le registre des prix des carburants, des pressions s’exercent pour appliquer le système d’indexation et ainsi répercuter les hausses à la pompe, sans toucher au gaz butane et au gasoil. Mais il est peu probable qu’un gouvernement, composé de partis politiques, puisse s’engager dans des chantiers dits «impopulaires» à la veille des élections.
Autre contrainte de taille, la mise en œuvre du Ramed. Elle coûtera à l’Etat 2 milliards de DH. Sur le plan de la couverture médicale, l’Etat devra mettre la main à la poche. L’AMO sera déficitaire cette année, à cause de la faiblesse du taux de la contribution (5%). Les spécialistes conseillent 6%. Qui va combler ce déficit?

Mohamed CHAOUI
 
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