· La société gestionnaire risque la liquidation judiciaire
· Plus de 140 emplois inquiétés
L’hôtel Transatlantique d’Agadir risque de fermer ses portes. Rien ne va plus pour la société gestionnaire de l’établissement Hospitality qui est en redressement. La menace d’une liquidation pèse comme une épée de Damoclès. Une situation qui va engendrer la perte de 140 emplois. Pour l’heure, les employés, qui n’ont pas été payés depuis près de quatre mois, portent le brassard. Et ce n’est pas la première fois. A l’origine, un conflit latent, datant de huit ans, qui oppose la société Hospitality et les propriétaires de l’hôtel, la Fondation Hassan II. Un véritable imbroglio juridique. Pour comprendre, il faut remonter à 1998, année de la reprise de l’hôtel par Hospitality après le départ de l’ONCF (Office national des chemins de fer) précédent gestionnaire du Transatlantique. Un établissement vétuste et qui a été déclassé de quatre à trois étoiles. De plus, une activité modeste n’a pas arrangé les choses. «Ces difficultés n’ont pas permis à la société Hospitality de faire face à ses redevances de loyer depuis plusieurs années», explique M’Hamed Iraâ Sbaï, président de l’entreprise. Pour essayer de «sortir la tête de l’eau», le gestionnaire a injecté de l’argent dans l’hôtel à plusieurs reprises mais sans effets. La société Hospitality, a été condamnée en 2002 par le tribunal de Commerce d’Agadir, à la suite d’une action initiée par la Fondation Hassan II, à quitter l’hôtel et à payer ses loyers. Au total, un montant de 10 millions de DH couvrant les mois de loyers de 1998 à 2002. Le jugement confirmé en appel, n’a toutefois pas été exécuté. Pourtant à en croire son président, Hospitality ne demandait qu’à partir, mais selon lui, le demandeur ne semble pas avoir sollicité l’exécution de la décision de justice. L’Economiste n’a pas pu joindre la direction de la Fondation malgré plusieurs appels téléphoniques pour confirmer toutes ces allégations. Une source proche du dossier déclare cependant que la Fondation Hassan II serait prête à abandonner ses redevances locatives, qui s’élèvent aujourd’hui à 30 millions de DH, à condition que Hospitality règle toutes les indemnités de licenciement des employés et préserve leur droits. Iraâ Sbaï dément tout accord de ce genre avec la Fondation Hassan II. Mais ce dernier se dit prêt à proposer malgré les difficultés de sa société, cinq millions de DH, un montant prélevé sur ses fonds propres. «Je ne peux faire plus, ma société a enregistré un déficit de 25 millions de DH à cause de cet hôtel dont je ne voulais pas!», affirme le gestionnaire. De leur côté, les employés ne veulent pas entendre parler de négociations avant d’avoir perçu leur salaire.
De notre correspondante, Malika ALAMI
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