· Bon rendement, et risque d’illiquidité quasi nul
· Les produits bancaires classiques perdent de leur attrait
Où placer son épargne par les temps qui courent? Avant de répondre à cette question, les gestionnaires conseillent d’abord de faire un inventaire des biens. “C’est à partir de là qu’on peut déterminer le bon placement”, explique Kamal Bensouda, gestionnaire dans une banque de la place. Pour ce professionnel, le choix du bon placement financier dépend de 4 critères fondamentaux. D’abord le montant des excédents de trésorerie: “certains placements financiers supposent de disposer de sommes importantes, alors que d’autres se contentent de sommes plus faibles”, explique-t-il. La liquidité du placement représente également un facteur déterminant dans le choix du placement. Ainsi, même si le rendement est prépondérant, la liquidité ne doit pas être écartée. Idem pour le degré de risque et la durée du placement. Ainsi, les plus frileux choisiront certainement les bons du Trésor, ou encore les indétrônables comptes sur carnet ou dépôts à terme. Même si à ce niveau, les produits bancaires classiques proposés jusqu’alors sur le marché perdent de plus en plus de leur éclat, essentiellement car les taux de rendement servis ne cessent de baisser. Les rémunérations des comptes d’épargne et des comptes sur carnet ont en effet baissé de moitié sur les 5 dernières années. Leurs niveaux respectifs sont aujourd’hui à 3,75 et 2,27%. Depuis, l’encours des comptes d’épargne se réduit comme une peau de chagrin. Les plus spéculateurs opteront pour les actions, les OPCVM actions et diversifiés ou encore les obligations privées. Les OPCVM restent les stars du moment. Ils sont particulièrement adaptés aux PME. Le capital est garanti. Il peut être d’un montant peu élevé. Les rendements sont proches des taux du marché. L’épargne reste disponible. “Les sicav et FCP obligataires offrent un meilleur rendement mais le capital n’est pas toujours garanti et leur liquidité est plus réduite (placements à moyen terme et à long terme)”, souligne un gestionnaire de la place. Ajoutant que le risque d’illiquidité est quasi nul avec un coût négligeable. Les OPCVM présentent l’avantage de la liquidité garantie. “En effet, par le mécanisme de rachat dont bénéficient les porteurs de parts ou actionnaires, la cession auprès de l’établissement gestionnaire à la valeur liquidative (actif net de l’OPCVM/nombre de parts) qui suit la décision de vente, évite tout risque d’illiquidité”, explique Bensouda. Idem pour les actions cotées qui sont très liquides mais sont nettement plus risquées que les autres instruments de placement. Pour les bons du Trésor à 6 mois, la liquidité est inexistante pendant les trois premiers mois. Ces bons, qui ont remplacé les anciens emprunts nationaux, affichent un encours en net repli depuis plusieurs années, passant de 10 milliards de DH, à fin 1999, à un peu moins de 3 milliards de DH l’année dernière.
Coût de sortie grevant
Seul hic pour les OPCVM, le coût de sortie. Ces véhicules de placement facturent en effet des droits de sortie allant de 1,5 et 2%, retranchés du montant de la cession. Par ailleurs, les autorités monétaires ont prévu des cas exceptionnels, où l’OPCVM peut suspendre momentanément le rachat de ses parts ou de ses actions quand certaines règles prudentielles ne sont pas respectées. Autre désavantage en cas de sortie, le montant récupéré en cas de rachat de l’investissement dépend de la valeur liquidative de celui-ci immédiatement postérieure à votre décision de sortie. Calculé généralement, le vendredi de chaque semaine, le déblocage de l’épargne dépend d’un aléa de marché qui peut durer quelques jours et qui peut être, à double tranchant, aussi bien favorable que défavorable.
Fédoua TOUNASSI
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