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Casablanca: Maltraitée, une petite bonne tente de se suicider
 
· Encore un cas de maltraitance

· Sévices corporels: Morsures, griffures et coups


Ironie du sort! Alors que le monde entier célébrait la journée mondiale de lutte contre le travail des enfants (dimanche 12 mai), Halima El Ayadi, une petite bonne, s’est trouvée au seuil d’une mort certaine au quartier Chrifa à Casablanca. Pour échapper aux représailles de son employeur, après avoir cassé accidentellement un vase, la petite fille a tenté de se suicider. Elle était sur le point de se jeter d’une fenêtre au troisième étage. Heureusement, des voisins l’ont empêchée d’aller au bout de son acte et l’ont emmenée à l’hôpital Baouafi.
Devant une telle horreur, il est légitime de se demander quel genre de représailles peut pousser une fillette, âgée entre 12 et 14 ans, à se jeter du troisième étage. Selon Halima, ses employeurs (la femme en particulier, le mari et le fils) ne cessaient de la maltraiter. Des traces de coups sur son corps chétif témoignent de l’atrocité des sévices qu’elle a subis pendant longtemps. Pour les ecchymoses sur son oeil gauche, «c’est un coup de bâton», explique-t-elle, le regard hagard.
Il est difficile d’imaginer l’impact d’un violent coup de bâton sur ce petit visage. Le corps de Halima est loin d’avoir révélé toutes ses souffrances.
En effet, le dos, les bras, les jambes et d’autres parties du corps de la petite bonne portent des traces de morsures anciennes, mais bien apparentes. «C’est la maîtresse de maison qui me mordait», confirme Halima. «Elle est cruelle et me battait tout le temps. Son mari et son fils faisaient pareil», ajoute-t-elle.
Selon Noureddine Abou Saâd, médecin en chef du service Pédiatrie à l’hôpital Baouafi, Halima a été victime de morsures, griffures et coups qui datent de plusieurs mois. Sur le plan psychologique, elle présente les signes d’un début de dépression: elle est traumatisée et angoissée.
Originaire de la région de Bir Jdid, Halima est orpheline. Elle travaille chez ses employeurs depuis toute petite. Elle ne sait ni lire ni écrire, tout simplement parce qu’elle n’a jamais fréquenté l’école. Et n’a aucune idée de son âge. Selon ses dires, sa mère l’a «cédée» contre la modique somme de 200 DH par mois.
L’association Insaf compte se présenter en tant que partie civile dans cette affaire. Nabila Tber de l’association explique que beaucoup de cas similaires existent. Les employeurs peuvent être condamnés si l’affaire suit son cours normal. C’est le cas de l’employeur de la petite bonne Sanae (www.leconomiste.com), qui a écopé d’un an et demi de prison ferme pour maltraitance. Les citoyens peuvent jouer un rôle primordial dans la lutte contre ce phénomène en dénonçant les coupables.

Mohamed AKISRA
 
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