· Un homme décède des suites probables de la maladie de Creutzfeldt- Jacob
· Le ministère de la Santé mène l’enquête
La variante humaine de la vache folle au Maroc? C’est en tout cas ce que laisse croire le communiqué du ministère de la Santé publié le 3 mars en raison du décès la veille d’un homme âgé de 61 ans, des suites probables d’une encéphalopathie spongiforme (maladie de Creutzfeldt-Jacob), dans un établissement médical à Casablanca. Mais sans confirmer la maladie. Selon le département de la Santé, cet homme séjournait fréquemment en Europe, ce qui pourrait apporter un début de solution. Aucune information, à l’heure où nous mettions sous presse, n’a pu filtrer, les analyses pour déterminer la cause exacte de la mort étant en cours. Les prélèvements biologiques seront effectués pour confirmer ou infirmer le diagnostic, précise le ministère, ajoutant qu’une expertise internationale est nécessaire. Une première victime? Peu crédible, puisqu’en 1999 le milieu médical international annonçait qu’un cas très suspect de la variante humaine de l’ESB avait été enregistré au Maroc. Des spécialistes contactés par L’Economiste se trouvaient hier en conclave au CHU de Casablanca pour statuer sur la question. Certains d’entre eux ont également été contactés par les agences de presses étrangères pour confirmation. Pour rappel, l’encéphalopathie spongiforme ou maladie de Creutzfeldt-Jacob, plus communément appelée maladie de la vache folle, est une infection humaine neurodégénérative rare et fatale, décrite pour la première fois en 1920. Elle est classée dans les encéphalopathies spongiformes transmissibles qui peuvent toucher également le mouton, la chèvre, la vache, le vison et le cerf, plus récemment le chat, des animaux sauvages en captivité et le singe. Elle conduit à une démence et à des troubles de la coordination des mouvements volontaires. L’estimation du taux de mortalité de la maladie de Creutzfeldt-Jakob est de 0,8 à 1,4 par million d’habitants et par an (variation due à la qualité de la surveillance épidémiologique). Historiquement, la première encéphalopathie spongiforme connue fut la tremblante du mouton décrite au XVIIIe siècle, dont on ne connaît pas de cas de transmission à l’homme. Le premier cas d’ESB a été décrit en 1985 au Royaume-Uni. On pense que la contamination s’est faite du mouton à la vache par le biais des farines de viande et d’os (FVO), pourtant utilisées depuis les années 50, en raison de la modification des conditions de fabrication de ces farines dans les années 80 (arrêt du chauffage des farines). La transmission à l’homme se fait principalement par voie orale en mangeant des abats de vache contaminée: cerveau, moelle épinière, intestin et récemment ris de veau. La viande et le lait ne seraient pas transmetteurs. "La transmission de cette maladie à l’homme peut se faire par voie orale en mangeant des abats de vache contaminée (cerveau, moelle épinière, intestin et récemment ris de veau). La viande et le lait ne seraient pas transmetteurs"
Nadia DREF
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