· Le ministre des Finances et une délégation d’opérateurs de l’archipel étaient à Agadir
· Ports de Sidi Ifni et Tarfaya, transport, importation de ciment… intéressent les Canariens
Les relations entre le Souss-Massa-Draâ et les îles Canaries s’acheminent-elles vers plus de concret? La forte délégation d’institutionnels et d’opérateurs qui a séjourné la semaine dernière à Agadir, à sa tête José Carlos Mauricio, ministre régional de l’Economie et des Finances, deuxième homme fort de l’archipel, semble en tout cas afficher une réelle détermination d’aller de l’avant. Cette rencontre, lors de laquelle les visiteurs ont exprimé des propositions concrètes, est en effet un tournant marquant pour les deux régions dont la coopération bilatérale ne date pas d’hier. Les contacts entre les opérateurs économiques du Souss et ceux des îles Canaries ont été nombreux ces dernières années. Par ailleurs, plusieurs conventions ont été conclues dans divers domaines, souligne Rachid Filali, wali du Souss-Massa-Draâ. Cependant, un grand nombre de ces accords n’arrivent pas à dépasser le stade des bonnes intentions, poursuit-il. Si cela est dû au faible développement de liens de partenariats entre les investisseurs des deux régions, la rareté des moyens de transport entre l’archipel et le Souss-Massa-Draâ est un frein à l’évolution de toute relation entre les deux partenaires. En effet, sans pont aérien et maritime à la base, il n’y a pas d’affaires en commun possibles. Le lancement prochain d’une ligne aérienne directe entre Agadir et les îles Canaries qui seront reliées, à travers plusieurs fréquences, par la Régional Air Lines, projet soutenu par le Conseil régional du Souss-Massa-Draâ à hauteur de cinq millions de DH, est un grand pas en avant. Ce que proposent de leur côté les Canariens pour rapprocher les deux zones, ce sont entre autres des lignes maritimes de transport de marchandises et de voyageurs reliant les îles Canaries au port de Sidi Ifni et à celui de Tarfaya. Reste à savoir si ces deux infrastructures ont ou pourraient avoir après aménagements la capacité de recevoir des bateaux de 150 mètres d’envergure. Ce sont une des réponses que devront apporter les acteurs institutionnels du Souss-Massa-Draâ, dans un mois lors de la prochaine visite des Canariens. Il faudra se préparer et dès maintenant à être également plus réactif à l’intérêt porté par les Canariens notamment au ciment marocain et au lait produit dans la région. Le Souss, qui dispose de fortes potentialités, a la possibilité de répondre à ces propositions surtout qu’il abrite une des plus importantes cimenteries et une des plus grandes coopératives laitières du Royaume. Et ce ne sont pas les seules opportunités à saisir. Il suffit, du côté des représentants du Souss, de joindre à l’art de la rhétorique, l’action.
4,5 millions d’euros
Les représentants des îles Canaries ne sont pas venus les mains vides. Dans le cadre de la coopération entre les deux régions, le gouvernement autonome de l’archipel apporte un soutien de 4,5 millions d’euros, au titre de l’année 2005, au profit entre autres de l’éducation, la formation, les énergies renouvelables, le développement durable. Parmi les projets entamés depuis l’an dernier, figure le centre de langues au sein de la Chambre de commerce. La structure lance ce mois de mars sa deuxième session. A l’issue de la première qui s’est clôturée dernièrement, 130 élèves environ ont été reçus sur 180 inscrits.
De notre correspondante, Malika ALAMI
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