· Les frontières fermées au bar (loup) issu de la pisciculture
· Les Espagnols affirment appliquer une directive européenne
· Les autorités marocaines aux abonnés absents!
Coup dur pour l’industrie piscicole. L’Espagne, en vertu d’une nouvelle réglementation communautaire, a interdit l’entrée sur son sol de poisson frais non éviscéré issu de l’aquaculture. C’est ce que viennent d’apprendre à leurs frais les responsables de la société Aqua Mdiq. Cette dernière installée dans le port de la ville côtière de Mdiq pratique la culture intensive de bar (loup) et de daurade destinés à l’export depuis 1998. Et depuis cette date, elle pratique régulièrement son activité exportant exclusivement en Espagne. “Jusqu’au 29 juin dernier, nos produits se sont vus refuser l’entrée du sol espagnol”, se plaint Mohamed Idrissi, directeur d’Aqua Mdiq. D’abord, le produit s’est vu demander un certificat de salubrité de la zone d’origine “document que l’on ne nous a jamais demandé auparavant”, rétorque Idrissi. Ensuite, après présentation dudit document, les autorités espagnoles ont argué que “le produit ne pouvait entrer à cause du non-respect de l’article 6 de la nouvelle directive communautaire”. Cette loi stipule que tout poisson issu de la pisciculture doit être éviscéré avant de pénétrer sur le sol espagnol. Du coup, c’est un chargement de 7,5 tonnes de bars qui est perdu, d’une valeur marchande de plus de 600.000 DH. La marchandise, après avoir passé une semaine au port d’Algésiras, a été complètement avariée. Impossible de l’écouler dans le marché local. De plus, produite en admission temporaire, elle doit être obligatoirement réexportée. “Nous avons encore dans nos fermes plus de 100 tonnes de bars prêt à l’export d’une valeur de plus de 8 millions de DH et nous ne savons pas quoi en faire”, souligne Idrissi. Pour Aqua Mdiq, l’obligation d’éviscérer le poisson n’est pas réaliste. “Lors de notre installation, nous avons prospecté le marché espagnol. Nos clients nous ont alors déconseillé d’éviscérer le loup bar car il perdrait en valeur”. De plus, cela ne répond pas aux attentes du consommateur espagnol (à l’opposé de certaines espèces telles que le thon qui doivent être éviscérées). La décision espagnole a pris de court tout le monde. “Même nos clients espagnols n’étaient pas au courant de cette nouvelle loi”, explique Mohamed Idrissi, directeur de Aqua Mdiq. Du côté marocain, les autorités compétentes semblent elles aussi ne pas avoir été informées des nouvelles dispositions. Officiellement, en tout cas, c’est le silence radio. “Après plusieurs demandes envoyées directement au ministère des Pêches, nous n’avons reçu encore aucune réponse”, note le directeur de Aqua Mdiq. Pourtant, selon lui, l’intervention des autorités pourrait débloquer la situation. “En Tunisie, le même cas s’est produit mais les pisciculteurs tunisiens ont pu à nouveau exporter vers l’Espagne après intervention de leur gouvernement”, explique encore Idrissi.
Un projet qui tombe à l’eau
Aqua Mdiq préparait un projet d’aquaculture intensive sur plus de 100 hectares dans la région de Tahaddart. L’investissement prévu est de 110 millions de DH. Le terrain avait été acquis auprès du domaine public et la réalisation entamée, mais les tracasseries espagnoles ont remis en cause ce chantier. A noter qu’Aqua Mdiq a démarré son activité en 1998 avec un investissement de départ de 15 millions de DH. Elle emploie actuellement une vingtaine de personnes pour approvisionner en exclusivité le marché espagnol.
De notre correspondant, Ali ABJIOU
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