· Le groupe motiverait sa décision par la crise consécutive aux attentats du 11 septembre · Les représentants locaux semblent avoir quitté leur bureau de Marrakech
La rumeur qui avançait il y a près de deux ans l'abandon par Sol Melia de son projet d'un immense complexe hôtelier de luxe à Agadir avait dit vrai. La convention d'investissement signée en 1999 entre le gouvernement marocain et l'opérateur espagnol a expiré, sans que l'investissement envisagé n'ait été réalisé. La durée de l'accord était de 36 mois. A son échéance, le promoteur espagnol avait demandé un délai supplémentaire qui lui avait été refusé. Sur le front de mer dans la station balnéaire, à proximité du Palais Royal, le terrain octroyé, un des meilleurs de la place, est désespérément vide. L'établissement de 500 suites dans un premier temps et autant de chambres dans une seconde phase ainsi que les centaines d'emplois programmés n'étaient qu'un mirage. L'investisseur avait prévu la construction d'un Sol Melia Paradisus, le premier du genre de la Méditerranée. Jusqu'à ce jour, ce must du portefeuille du groupe n'est décliné qu'en Amérique latine et aux Caraïbes. Selon les informations dont dispose L'Economiste, bien que le projet n'ait pas abouti, le groupe ibérique réclame à ses associés marocains les frais d'étude élaborée. Des dépenses que ces derniers refusent de prendre en charge, car ils considèrent qu'elles ne sont pas justifiées. Chef de file d'un groupe d'investisseurs marocains qui comprend Idou Management, Akwa Group, CIH et BMCI, le numéro un espagnol de l'hôtellerie projetait d'investir au total plus d'un milliard de dirhams (100 millions d'euros). Contactée par L'Economiste, au siège du groupe situé à Gremio Toneleros à Palma de Mallorca, une représentante de l'entreprise confirme l'annulation du projet à Agadir. Les raisons avancées pour expliquer l'arrêt du programme sont par contre plutôt vagues. Monica Cerda, chargée de la communication du groupe, indique que ce sont des conditions économiques difficiles, conséquences des attentats du 11 septembre, qui ont poussé l'opérateur à renoncer à son investissement au Maroc. Sur les projets à venir du groupe dans le Royaume, elle ne dit rien. En tout cas, la fermeture des bureaux implantés à Marrakech et la résiliation de leur abonnement téléphonique tout récemment laissent penser que rien n'est au programme pour le moment. Les dirigeants du groupe à l'échelle du Maroc semblent avoir quitté la place. Pour rappel, en plus de l'unité projetée à Agadir, le groupe Sol Melia avait été mandaté par le CIH pour gérer les unités dont la banque avait obtenu la mise en possession par voie judiciaire. Mais la multinationale espagnole a été contrainte de quitter ces établissements (Tichka à Marrakech, Médina Palace à Agadir et les unités de Dounia Hôtels à Ouarzazate), suite à la mise en redressement judiciaire ou à des arrangements de leurs propriétaires avec le CIH. Au niveau d'Agadir, il ne gère plus le Médina Palace depuis 2000. Cet investissement annulé de Sol Melia à Agadir n'est pas le seul. Parmi les programmes touristiques présentés ces dernières années, ceux par exemple du Club Med au Sahara ou encore le Trigano dans la région de Marrakech ne sont restés jusqu'à présent que des projets sur le papier.
10e groupe hôtelier mondial
Sol Melia n'est pas n'importe qui dans l'industrie du tourisme. Le groupe est leader dans son pays et dixième mondial dans l'hôtellerie. Il dispose d'hôtels en Europe, dans les Caraïbes, en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. En 2002, le groupe avait prévu d'enrichir son portefeuille de 510 unités, soit par des contrats de gestion pour compte, soit par des acquisitions ou des investissements dans les murs au cours des trois prochaines années. Aucun renseignement n'a été donné pour le moment sur ce programme. Des rumeurs parlent toutefois de difficultés financières du groupe en Amérique latine. Une information qui n'a pu être vérifiée.
De notre correspondante, Malika ALAMI
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