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Sahara: Ballet diplomatique après la «mini-crise du vendredi»
 
· Le Maroc «contre l'imposition d'un règlement»

· Partie serrée pour aujourd'hui


· L'inconnue espagnole à la tête du Conseil de sécurité


La question du Sahara sera réexaminée aujourd'hui mercredi 16 juillet, au Conseil de sécurité. Une "réunion d'experts" planchera sur le deuxième plan de James Baker. Les coulisses du Conseil ont connu une agitation inhabituelle depuis vendredi dernier, après le dépôt par les USA d'un projet de résolution visant à imposer le dernier plan de l'émissaire onusien. La machine diplomatique a fonctionné pour réitérer le refus du Maroc de tout règlement imposé. Ce qui inquiète, c'est que l'affaire du Sahara sera tranchée à la fin de ce mois. La décision devra être votée vraisemblablement le 31 juillet.
Le mandat de la Minurso, qui expire le même jour, serait prolongé également jusqu'au 31 octobre prochain.
Une source diplomatique marocaine de haut rang a indiqué à L'Economiste, "qu'il ne faut pas être alarmiste" au sujet des répercussions de l'initiative américaine. Plusieurs pays amis, dont la France, s'activent pour pousser les membres du Conseil de sécurité à faire valoir le critère de la négociation. La France aurait présenté, vendredi dernier aussi, un projet de résolution reprenant l'esprit de la troisième voie: une autonomie du Sahara dans le cadre de la souveraineté marocaine.
"Le Maroc garde pour l'instant son calme et compte beaucoup sur l'intervention de ses alliés", indique notre source: les entretiens téléphoniques de SM le Roi avec Jacques Chirac et George W. Bush visaient d'ailleurs à faire bouger les choses dans ce sens. Selon cette même source diplomatique, "il est impensable que le Conseil adopte un plan rejeté par les parties concernées, sinon, ce serait un grave précédent". Pour Rabat, "cela risquerait d'encourager l'élan indépendantiste de plusieurs mouvements séparatistes dans le monde".
Ce "qui intrigue aussi dans cette affaire", c'est le "revirement spectaculaire du Polisario la fameuse soirée du vendredi": il a donné son accord à la mouture Baker alors qu'il l'avait rejetée au départ. En fait, "le deuxième plan Baker arrange en quelque sorte les séparatistes". Car "il ne fait que reporter la résolution du conflit", souligne-t-on à Rabat: après quelques années d'autonomie, les différentes parties tomberaient dans le même problème de départ, à savoir le référendum, acharnement défendu par les séparatistes": en réalité, le "plan bis de Baker reprend un peu de l'accord-cadre et beaucoup de la résolution 15-14 qui prévoit le référendum". Et l'Espagne dans tout cela? La résolution américaine a été soutenue par la présidence espagnole. Ce qui gêne Rabat tablant sur le réchauffement des relations avec Madrid.
"Nous préférons voir le bon côté des choses", confie la même source diplomatique: lors des consultations, l'ambassadeur espagnol à l'ONU, Inocencio Arias, a réitéré le refus de son pays de toute imposition du règlement. "Reste maintenant à savoir si les paroles seront concrétisées par des actes". En tout cas, le Maroc veut que les pays les plus concernés comme les USA et l'Espagne, avec qui il a beaucoup coopéré, lui renvoient l'ascenseur. A ce niveau, la machine diplomatique marocaine, critiquée pour son inefficacité et ses multiples centres de décision, a peut-être à gagner en exploitant d'autres canaux, notamment les ONG, ou à ne pas donner l'impression qu'elle se raidit, font remarquer des observateurs étrangers.
Et si le pire se produisait à la fin du mois? "Nous ne nous laisserons pas avoir!" insiste le diplomate marocain de haut rang. Mais en fait, si aucun terrain d'entente n'est trouvé, on se dirigerait automatiquement vers une solution imposée.




Pourquoi le Maroc a rejeté le plan Baker


Le 23 mai, le Maroc a envoyé une lettre au secrétaire général des Nations unies, retraçant sa réponse. Le détail des griefs tels qu'expliqués dans la lettre:
- Ce plan réintroduit l'organisation d'un référendum qui reviendrait aux options initiales. Or, celles-ci ont déjà révélé leur échec.
- Le plan octroie à une minorité de la population le droit d'élire les institutions locales.

Nadia LAMLILI

 
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