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Nouzha Skalli part en campagne    
Maroc-Espagne: Pour un mécanisme anticrise

Par Miquel Valls i Maseda, président de la Chambre de Commerce de Barcelone
 
Le président de la Chambre de Commerce de Barcelone, une des plus dynamiques d'Europe, sera en visite cette semaine au Maroc. Il détaille ici pour les lecteurs de L'Economiste sa vision des relations entre les deux Royaumes, des relations qui n'ont jamais été aussi développées qu'aujourd'hui. Mais il ne veut pas s'arrêter là: il propose d'établir un système anticrise.

Le Maroc et l'Espagne ont surmonté les derniers événements, et le déroulement normal des relations économiques entre les deux pays a suivi son cours, optant pour la croissance, ce qui démontre que, dans ce domaine de coopération, le rapprochement de nos tissus d'entreprises a donné des preuves de dynamisme et d'efficacité accrue.
Ces relations n'avaient jamais été aussi importantes jusqu'à présent. Il suffit de rappeler que l'Espagne est le deuxième partenaire économique du Maroc au niveau mondial et que le Maroc est l'un des premiers partenaires commerciaux de l'Espagne, la Catalogne étant la Communauté autonome qui brasse le plus gros volume de cet échange avec 30% du volume total.

· Créer un "cadre stable de coopération"


L'existence de ces intérêts communs et la complémentarité des deux économies sont des faits qui se traduisent par l'accroissement des échanges commerciaux (3,1 milliards d'euros en 2002, soit 32 milliards de DH), des investissements (900 entreprises installées au Maroc), l'ouverture d'importantes lignes de crédit et de programmes pour la coopération au développement (158 millions d'euros en 1995-2000). Ajoutons à cela la présence d'une communauté de 200.000 Marocains, résidents en Espagne, qui transfèrent chaque année quelque 200 millions d'euros et dont 140.000 sont affiliés à la Sécurité sociale.
Le voisinage géographique, la complémentarité économique et la destinée historique commune exigent de relancer la coopération bilatérale et d'amorcer une nouvelle étape de relations économiques et sociales entre les deux pays. Mais, pour ce faire, il faut absolument "créer des cadres stables de coopération", ce qui favorisera non seulement la diffusion pertinente de la réalité économique et sociale des deux pays mais encouragera aussi l'intervention de leurs agents économiques et sociaux et, partant, le développement des secteurs productifs, qui renforceront la présence d'entreprises catalanes/espagnoles et assureront la promotion de leur association avec les entreprises marocaines.
En résumé, il s'agit de créer des mécanismes permettant de surmonter la méconnaissance réciproque et pouvant fonctionner en guise de "ceinture de sécurité" pour éviter de futures crises. Car n'oublions pas que c'est sur le principe d'une entente commune et de relations de bon voisinage entre l'Espagne et le Maroc qu'une bonne partie s'appuie sur la future prospérité économique. Et un Maroc prospère est une nécessité pour l'Espagne et pour l'Europe.

Barcelone, le 27 juin 2003
 
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