· Une opération de requalification du cadre bâti a été lancée · Un vaste programme de développement de la ville est aussi envisagé
Contrairement à ce que peuvent penser les personnes n'ayant jamais visité Laâyoune, la ville n'a pas un cachet architectural particulier. Il est possible à travers ses artères de l'assimiler à une autre ville marocaine. Ce n'est qu'en sortant de Laâyoune, en prenant par exemple la route d'El Marsa qui abrite le port de la cité, que l'on sent le désert à la vue d'océans de sable de part et d'autre de la route. En fait, la tradition urbaine dans cette région comme dans toutes les provinces sahariennes est très récente car le mode de vie qui prévalait dans ces contrées était essentiellement nomade avant 1975. A partir de cette date marquée par la récupération de nos provinces du sud, a démarré la phase de l'urbanisme volontariste qui a duré près de deux décennies. Aujourd'hui, Laâyoune est une métropole de près de 220.000 habitants. Elle fait l'objet depuis quelque temps d'une opération de requalification de son cadre bâti. Un projet composé de deux volets, précise Mohamed Adib Alaoui, directeur de l'agence urbaine de Laâyoune. Il s'agit d'une part de la mise à niveau du cadre bâti à partir d'un diagnostic précis. Ce dernier a déjà concerné 350 ha et 10.000 lots, soit 90% des quartiers de la ville, indique un document de l'agence urbaine. Par ailleurs, pour rehausser la qualité du paysage urbain de Laâyoune, quelques artères feront l'objet d'un relookage. L'avenue Mekka, épine dorsale de la ville, est notamment visée par ce programme. Lequel prévoit également de doter les axes de Laâyoune d'un cahier de prescriptions architecturales qui servira de référence aux professionnels du bâtiment. Parallèlement à cette opération, un vaste programme de développement est envisagé. Pour ce faire, des commissions ont été créées afin d'établir le diagnostic des espaces verts, l'environnement, la circulation, les réseaux, l'éclairage public, les revêtements et le paysage urbain. Le coût des interventions et l'échéancier des actions ont aussi été fixés, indique une note de l'agence urbaine de Laâyoune.
Approche participative
Depuis sa création, l'agence urbaine de Laâyoune a adopté une approche participative, raconte Mohamed Adib Alaoui, directeur de l'établissement. "Cette démarche implique toutes les parties concernées dans l'identification des problèmes et l'apport de solutions adaptées", poursuit-il. C'est l'approche qui a prévalu dans l'élaboration du schéma directeur de l'aménagement urbain (SDAU) de Laâyoune et Laâyoune plage. Un document, aujourd'hui en cours d'homologation, qui a nécessité dix-huit mois de travail. Il planifie et organise le territoire composé par les centres de Laâyoune, El Marsa et Foum El Oued. Selon Mohamed Adib Alaoui, les grands axes du SDAU s'articulent autour du renforcement de la ville de Laâyoune en tant que capitale économique des provinces sahariennes. Il s'agit de conforter sa vocation tertiaire en développant les activités économiques et industrielles d'appoint en complé- mentarité avec la ville d'El Marsa. Concernant cette municipalité, le SDAU vise à rehausser son statut pour en faire une ville à part entière. Pour ce faire, il a prévu l'extension de sa structure industrielle et la consolidation de sa vocation administrative et résidentielle. Au niveau de Foum El Oued, le SDAU programme sa transformation en pôle touristique régional et lieu de loisirs. A noter que selon les prévisions du SDAU, Laâyoune pourrait atteindre à l'horizon 2015 une superficie de 5.300 ha et abriter 330.000 habitants.
M.A.
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