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Spécial Laâyoune
«Nous voulons attirer les investisseurs touristiques» Interview de Mohamed Rharrabi, wali de Laâyoune-Boujdour-Sakia El Hamra |
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Dans une interview exclusive, Mohamed Rharrabi, wali de Laâyoune-Boujdour-Sakia El Hamra, établit son diagnostic de la région et son programme d'action. Pêche, tourisme, élevage, urbanisme… les projets prioritaires
· L'Economiste: Quelques mois après votre nomination, quel est votre diagnostic? - Mohamed Rharrabi: La région recèle de multiples potentialités. On peut citer le littoral, la pêche ainsi que ses activités annexes, sans oublier le tourisme. D'autres atouts existent sur le plan fiscal et disponibilité du terrain. Toutefois, la zone souffre de contraintes. Il s'agit entre autres de l'environnement naturel difficile. Mais depuis la récupération des provinces du Sud, l'Etat a fait un effort colossal en matière d'infrastructures et de développement des secteurs productif et social. Les réalisations effectuées par le secteur public entre 1976 et 2001 se chiffrent à 7,9 milliards de DH. Des infrastructures qu'il faut aujourd'hui amortir par une économie productive.
· Quels sont les principaux projets? - Il s'agit entre autres de parachever les infrastructures, notamment au niveau des réseaux d'assainissement liquide. Le schéma directeur réalisé il y a quelques années est en cours d'actualisation auprès de l'ONEP. Une phase qui précède la recherche de financement pour les aménagements. Pour la ville d'El Marsa, les moyens sont déjà trouvés. La municipalité a réservé une enveloppe de 10 millions de DH à laquelle viendra s'ajouter un prêt du FEC. La ville de Tarfaya bénéficie pour sa part de la coopération belge. Ce pays va financer 70% du montant du projet géré par l'ONEP également. Toujours dans le même objectif, nous travaillons sur un projet de développement urbain estimé à près de 60 millions de DH.
· Que comptez-vous faire exactement sur ce plan? - La requalification du cadre bâti de Laâyoune et la mise à niveau de ses quartiers sont à l'ordre du jour. Ceci va générer des journées de travail pour les populations. Il s'agit de relooker la ville à travers l'élargissement de sa principale artère, l'avenue Mekka, le réaménagement des trottoirs, des voiries, la création d'espaces d'animation ainsi que l'adoption de la couleur ocre claire. C'est pour remplacer la couleur beige, jugée trop salissante pour la cité qui fait face aux vents du Sahara. A ceci s'ajoutent la mise en place de zones d'activité et le reboisement des entrées de Laâyoune. Pour ouvrir cette dernière sur le littoral, nous envisageons également l'aménagement d'une double voie reliant Laâyoune à la cité portuaire d'El Marsa et à la plage de Foum El Oued. Une manière d'encourager le tourisme du site balnéaire de Foum El Oued et l'activité pêche d'El Marsa.
· Comment dénicher les projets porteurs et créateurs d'emploi? - Le taux de chômage dans la région atteint 25%. Pour le résorber, il faut promouvoir tous les secteurs porteurs comme la pêche, le tourisme et l'élevage de camelins. Pour doper cette dernière activité, des subventions sont programmées car le secteur pourrait drainer des investissements dans des filières annexes, notamment dans l'exploitation de lait de chameau. Un aliment d'une grande richesse qui pourrait servir de base pour la préparation de plusieurs dérivés. D'un autre côté, l'élevage de camelins peut être un vecteur pour animer la région à travers l'aménagement d'un camélodrome pour l'organisation de courses de chameaux. Ce projet auquel s'intéressent des promoteurs émiratis et une association provinciale a retenu également l'intérêt du ministère de l'Agriculture qui accepte de le financer en partie.
· Comment expliquez-vous le manque d'afflux des investisseurs? - L'intérêt des investisseurs pour la région commence à se faire sentir depuis quelque temps. J'ai reçu plusieurs investisseurs étrangers qui souhaiteraient réaliser notamment dans le secteur de la pêche des projets en partenariat avec des Marocains. Il faut souligner que les deux dernières visites de Sa Majesté le Roi dans les provinces du Sud ont donné un nouvel élan aux investissements dans la zone. Par ailleurs, grâce à son développement pendant près de trois décennies, la région de Laâyoune, qui accusait un retard considérable dans tous les domaines lors de la récupération du Sahara, peut prétendre séduire aujourd'hui les promoteurs.
· Quelle est votre stratégie pour la pêche? - L'application du plan d'aménagement élaboré par le ministère de tutelle suscite en effet beaucoup d'animosité entre les différents intervenants. C'est surtout au niveau de l'industrie des unités de congélation, filière annexe de la pêche. Le dernier communiqué du ministère, précisant qu'il n'intervenait plus dans la fixation des prix du poulpe à l'export, a généré des problèmes au niveau de la commercialisation du produit, selon les opérateurs. Nous avons transmis leurs doléances aux représentants du département. Mais c'est à ce dernier que revient le rôle de réguler le secteur pour mieux optimiser ses potentialités déterminantes pour la région.
· Côté ZI, comment débloquer les situations encore en suspens? - Le taux de valorisation dans la municipalité d'El Marsa ne dépasse pas 12%. Nous sommes donc en train d'examiner ce dossier. Nous entamerons sûrement une démarche de sensibilisation auprès des attributaires avant de fixer des délais de valorisation. A défaut, nous prendrons les mesures qui s'imposent pour réactiver la zone. Parallèlement au déblocage de ce dossier, nous étudions également l'aménagement d'une zone industrielle à Laâyoune. Une étude de faisabilité est en cours par l'Erac Sud. Toutefois, ce projet ne pourra se faire sans une subvention afin de rendre le prix du terrain accessible.
· Le tourisme offre aussi un potentiel important… - Nous avons tous les atouts naturels, mer, culture, désert, qui s'inscrivent dans la tendance d'aujourd'hui, pour le promouvoir. Dans ce sens, le Conseil provincial et le Conseil régional ont programmé une enveloppe d'un million de DH pour participer à une étude pour l'élaboration du produit touristique des provinces du Sud. Parallèlement, nous souhaiterons attirer les promoteurs touristiques sur le site balnéaire de Foum El Oued de 325 ha qui mérite d'être inscrit parmi les autres zones du plan Azur. Reste qu'il faut que les investisseurs marocains donnent l'exemple. L'aubaine pour la région serait d'exploiter la proximité des îles Canaries qui reçoivent 12 millions de touristes par an. Mais il faudrait que le transport aérien suive. Pour le moment, il est trop cher et pas assez développé sur la région.
Propos recueillis par Malika ALAMI
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