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Pêche artisanale à Dakhla: Le spectre d'une «mafia»?
 
· Des milliers d'embarcations «clandestines» prennent la mer violant toutes les réglementations

· Les autorités sont accusées de complicité


· Le réseau est juteux


6.000 barques prenant quotidiennement la mer peuvent-elles passer inaperçues?
Selon les responsables de l'Association des propriétaires des bateaux de pêche artisanale à Dakhla, elles sont effectivement 6.000 embarcations "clandestines" à concurrencer les 5.759 immatriculées opérant dans la région de Lagouira-Ouad Dahab. Un chiffre exagéré, selon le ministre des Pêches, qui ne nie pas l'existence de ces chaloupes hors la loi. Or, le texte de loi est clair. Les réglementations du commerce et de la pêche maritimes précisent bien que "toute embarcation de pêche artisanale, non immatriculée, ne disposant ni d'un congé de police ni d'une plaque d'immatriculation est considérée sans existence légale et doit être saisie et détruite". Normalement, l'application de cette disposition revient à la direction de la Pêche maritime et de l'Aquaculture. Dans les régions, c'est au délégué du ministère d'en suivre l'application. "Notre délégué n'arrête pas ses écrits aux responsables de la région, mais en vain", se désole Saïd Chbaâtou. Le ministère serait-il impuissant!? Selon lui, les autres services concernés doivent également réagir.
A en croire les responsables de l'association, il s'agirait d'une mafia opérant dans toute la zone. Dans une lettre adressée au Cabinet Royal, au Commandant des FAR de la région Sud, aux généraux Hosni Benslimane et Torki Mohamed, au procureur général et au commandant de la Gendarmerie de Laâyoune(...), les représentants de l'association s'interrogent et accusent par écrit les autorités de couvrir ces pratiques. "La construction sans licence des barques continue dans toute la région. On en apporte même d'Essaouira et une bonne partie de ses embarcations appartient à des responsables". Selon le ministère des Pêches, l'origine du problème est le déséquilibre entre les capacités de stockage des frigos de Dakhla et l'effort de pêche. La flambée des prix du poulpe qui a atteint 45 DH le kg, a entraîné une intensification de l'effort de pêche. Une démarche "encouragée par le lobby des congélateurs qui exerce ses pressions sur les autorités locales afin de faire baisser les prix du poisson". Les embarcations immatriculées se retrouvent en concurrence avec les autres pour la réalisation du quota fixé par le ministère à 33.000 tonnes. Par ailleurs, les barques clandestines "sont soumises à un racket quotidien de 200 DH l'unité". Si ces dires sont confirmés, le réseau opérant devrait réaliser un chiffre d'affaires quotidien de 1,2 million de DH pour les 6.000 unités!!! A cette situation est venue se greffer depuis quatre jours "une rupture de l'approvisionnement de la ville en essence. Les opérateurs s'approvisionnent désormais au marché noir. Selon Mly Hassan Talbi de l'association, les prix sont passées de 5 DH (le prix de vente en temps normal) à 15 DH le litre au marché noir.

A. M.
 
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