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Afrique: Les nouveaux relais de croissance
 
· Dynamique sans précédent des entreprises marocaines sur le continent

· Négociations d’un accord de libre-échange avec l’Union économique monétaire



Le Maroc courtise l’Afrique. Cette réalité n’est certes pas nouvelle, mais le rythme s’accentue davantage. Pour preuve, trois grands événements d’affaires sont organisés simultanément dans le pays. Il s’agit du Forum «Afrique Développement» organisé par Attijariwafa bank, des «Journées africaines des RH», organisées par l’AGEF aujourd’hui et demain, ainsi que le séminaire Régional africain sur la propriété intellectuelle qui se tient depuis le lundi dernier jusqu’au vendredi. A ces événements s’ajoute le Forum d’affaires organisé par Ubifrance le 6 et 7 mai. Le timing de ces manifestations n’est pas un hasard de calendrier.
Aujourd’hui, l’Afrique constitue pour les entreprises marocaines, qui ont atteint des tailles critiques, un relais de croissance très important. Relais qui leur permet de nourrir leurs ambitions à l’international. D’ailleurs, les filiales sont de plus en plus présentes dans le continent (ONA, Banque populaire, BMCE, CDG via sa filiale Cellulose du Maroc…).
Mais c’est la voie diplomatique, principalement en Afrique de l’Ouest, qui a permis d’ouvrir les portes aux entreprises marocaines dans la région. C’est le cas d’ailleurs au Sénégal, au Gabon, Burkina, Cameroun, Congo, Guinée équatoriale...
L’effort diplomatique a d’ailleurs aussitôt été relayé par des politiques d’implantation de grands groupes financiers. Parmi ces derniers, Attijariwafa bank, qui assure une présence dans une vingtaine de pays. En 2009, le groupe CBAO/Attijariwafa bank détenait 26,3% des ressources de la place. Mais le groupe ne s’arrête pas là. Il reprend les participations du groupe français Crédit Agricole dans cinq banques africaines (80% du crédit du Congo, 51% de la Société ivoirienne de banque, 65% de la Société camerounaise de banque, 59% de l’Union gabonaise de banque et 95% du Crédit du Sénégal). Montant global de la transaction: 250 millions d’euros. Pour sa part, le groupe BMCE réalise également des opérations de fusion-acquisition.
D’autres opérateurs ont également profité du balisage du terrain initié par la diplomatie. C’est le cas notamment pour l’ONA, l’Office national de l’électricité (ONE) qui a acquis des marchés au Sénégal, en Gambie, au Niger, en Sierra Léone et au Tchad. Par ailleurs, l’ONEP assure la gestion par affermage de l’eau potable au Cameroun. Autre secteur à fort potentiel de développement en Afrique, les télécoms. Sur ce registre, Maroc Télécom assure un transfert de technologies en Mauritanie, au Gabon, au Mali et au Burkina Faso.
Compte tenu du fort potentiel, tous azimuts, pour l’entreprise marocaine et les filières exportatrices, Maroc Export a organisé l’année dernière une caravane en Afrique de l’Ouest. Une opération qui a regroupé une centaine de chefs d’entreprises marocains. Objectif: prospecter de nouveaux partenariats dans la région. Compte tenu du succès rencontré l’an dernier, Maroc Export reconduit cette opération en mai vers Libreville, Douala et Malabo.
A cela s’ajoutent les négociations avancée sur un accord de libre-échange avec les pays de l’Union économique et monétaire de l’Afrique de l’Ouest (UEMOA). L’aboutissement de cet accord devra booster davantage le dynamisme marocain en Afrique.


Echanges


Ce dynamisme sur le continent se vérifie également par l’augmentation du volume des échanges commerciaux avec les pays africains. En valeur, le montant des échanges est passé de 533 millions de dollars en 1998 à 3 milliards de dollars en 2008 (soit une croissance de 460%). Mais, le Maroc n’est pas le seul à manifester de l’intérêt pour ce marché. Ce dernier attire de plus en plus. En plus des pays historiquement présents comme la France, d’autres y investissent depuis quelques années déjà.
C’est le cas notamment pour la Chine, l’Inde et le Japon. Les Américains, qui étaient moins présents, ont reconsidéré leur position. La visite d’Obama au Ghana en 2009 est un signe très fort de la nouvelle politique économique. Cette concurrence sur le marché africain a eu comme résultat une croissance considérable des IDE qui sont passés de 36 milliards de dollars en 2006 à 53 milliards de dollars en 2007.

Jalal BAAZI

 
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